Café-philo

avec

Sylvie LAINE (MP78)

Président de "Présences"
Lundi 21 janvier 2002
" Le relationnel utile: ou Comment construire, maintenir et développer ses réseaux dans un cadre professionnel et social ? Comment développer un comportement d'initiatives relationnelles : savoir-faire, savoir-être, une pratique...?  "
 


Chat Noir, Paris 11

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Compte-rendu

C’est autour d’un apéritif et d’une table bien sympathique que nous nous sommes retrouvés à 16 panglossiens et invités, ce qui prouve le succès de cette formule fort conviviale et informelle. Sylvie Lainé nous explique, en quelques 15 minutes d’introduction, qui seront suivies d’un débat fort animé, sa vision du " relationnel utile " ….

Bonne nouvelle  : le Club Pangloss est bien un réseau (ouf ! !) et correspond aux critères qui ont été énoncés par Sylvie :
  1. L’appartenance : un réseau réunit des personnes qui choisissent librement de le rejoindre, des personnes qui ont entre elles des points communs : expérience(s) commune(s), écoles et/ou diplômes, métiers, intérêts culturels, sportifs, humanitaires… De ces points communs naît le sentiment d’appartenance, le LIEN. Un réseau cela consiste à faire émerger des liens, et c’est une façon de "ré-enchanter le monde", de plus en plus complexe … Nous sommes tous, par essence, des "animaux sociaux" : nous ne pouvons survivre sans lien !
  2. La solidarité :  c’est le contraire de la solitude… Cette caractéristique explique la réputation de protection attachée aux réseaux. Dans la pratique, on "préfèrera" les membres du réseau pour confier des tâches et des missions ou demander aide et conseils…(les réseaux d’élite ont la réputation de mieux protéger leurs membres que les autres…). Mais, en France, en tout cas, on ne le dira pas…
  3. La visibilité :  celle du réseau, bien sûr, et, partant, celle de ses membres : c’est en servant la visibilité de son réseau que l’on sert la sienne. La visibilité est influence : elle consiste à mettre en relation des personnes qui ne connaissent pas entre elles ( à nouveau, une histoire de lien !). Un réseau influent, qu’on écoute et à qui l’on fait confiance sur son terrain d’activités ou de réflexion, met naturellement en lumière ceux qui parlent en son nom.
  4. Le développement :  le réseau est une école où l’on n’est pas jugé, il n’y a pas de hiérarchie, c’est un "lieu de vie" : on y découvre de nouveaux savoirs, et on s’y entraîne à mieux écouter les autres, à être plus disponible...
La question-clef, dans ce contexte, est la pratique de "l‘approche-réseau" : utile et utilisé ne sont pas synonymes. Un réseau utile ne veut pas dire "réseau utilisé" : il faut s’y intégrer, s’engager à faire certaines actions, et les conduire par ce qu’on y croit, et non par ce que cela sert sa carrière d’être membre de tel ou tel réseau… Faute de quoi, le réseau ne sera pas utile, justement : l’effet réseau ne fonctionnera pas. Il faut être intégré au réseau avant d'en avoir besoin ! Les opportunistes sont vite " repérés " par le réseau qui les exclut vite.

Ceci conduit à choisir. Or, nous faisons tous partie de plusieurs réseaux; notre invitée pense que l'on ne peut valablement appartenir à plus de 2 ou 3 réseaux compte tenu du temps hebdomadaire d'engagement minimum (2 à 5 h par réseau).

Les grandes forces du réseau :
  1. Un réseau se cultive, sinon, il meurt : il faut veiller à élargir son recrutement à de nouveaux membres, et veiller à son "vieillissement" éventuel.
  2. Le réseau est un monde de savoirs : il doit enseigner quelque chose à ses membres, faute de quoi l’intérêt de ceux-ci se réduit.
  3. Le réseau est un monde où l’humain qui prime : il n’y a pas de pression, pas d’objectifs imposés (comme dans un cadre professionnel), c’est un monde où le professionnalisme est " en liberté " et où l’on s’amuse (c’est le côté convivial) !
  4. C’est un mode de vie et une culture : il véhicule des valeurs (exemple : l’ouverture et la solidarité pour le Club Pangloss), des convictions communes…
Attention ! Ne pas confondre réseaux et sectes : la secte est l’inverse d’un réseau, elle en est la négation. Elle enferme, elle est une prison, dont on a du mal à sortir. Le réseau est liberté : on y entre par choix personnel, on y reste par choix personnel, on le quitte par choix personnel. Le réseau est ouverture, et le libre-arbitre est sa condition d’existence et d’efficacité.

Il existe plusieurs types de réseaux :
  1. les réseaux formels (ou "cercles"), le plus souvent inscrits dans un cadre, une existence juridique – l’association - qui se décomposent en 3 sous-types :
  • professionnel et/ou économique : l’activité exercée
  • social : celui du citoyen, des convictions
  • l’équilibre personnel : la vie privée… Chut ! Cela ne nous concerne plus…
  1. les réseaux informels, sans "existence" juridique, donc plus "fluctuants" : groupes d'amis, groupes de collègues….
A l’inévitable question "Internet est-il un réseau ?" Sylvie répond que c’est une sorte de réseau, mais purement informel… Outil de communication interne et externe, il est aussi et peut-être surtout un support au service des réseaux pour relier ses membres ou se faire connaître.

Il existe plusieurs types de fonctionnement au sein des réseaux :
  1. corporatiste (défense de la tradition, assemblée d’individualistes)
  2. militaire (hiérarchique, protecteur, compétitif)
  3. politique (le partage, la recherche du consensus, ce qui, parfois, peut prendre du temps…)
  4. aventurier (la découverte, la créativité, l’ouverture… et un risque de confusion : qui fait quoi ?)