DINER-DEBAT

avec

Monsieur Frédéric PÉCHENARD

Préfet hors cadre, ancien Directeur Général de la Police Nationale, vice-président de la région Ile-de-France chargé de la sécurité
Mercredi 8 novembre 2017
" Terrorisme et sécurité  "
 
Reconnu comme un des grands spécialistes des problèmes de sécurité, Frédéric Péchenard a démarré sa carrière comme commissaire de police à Paris. "La Pèche", comme on le surnomme dans la police, a vite gravi les échelons. Chef de la section anti-terroriste de la brigade criminelle, il est ensuite successivement chef adjoint puis chef de la brigade de recherche et d'intervention (BRI ou " antigang ") et de la brigade criminelle (le fameux 36, quai des Orfèvres) à la direction de la police judiciaire. En 2007 il est nommé par Nicolas Sarkozy Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), et préfet hors cadre en 2009. En mai 2012, il devient Délégué Interministériel à la Sécurité Routière et Délégué à la Sécurité et à la Circulation Routières, et préside le Conseil supérieur de l'éducation routière.

Frédéric Péchenard est lié d'amitié à Nicolas Sarkozy dont il s'est rapproché lors de l'affaire "Human Bomb", la prise d'otages dans une école maternelle de Neuilly en 1993, ville dont N. Sarkozy était maire.

Elu conseiller régional d'Ile-de-France sur la liste parisienne de Valérie Pécresse (Les Républicains) en décembre 2015, il est vice-président de cette assemblée, chargé de la sécurité. Parallèlement il donne des conseils et fait des conférences sur les problèmes de sécurité. Il nous parlera notamment des questions de sécurité face au terrorisme.

Maison des Polytechniciens, Paris 7

photo n°1 - dd_pechenard photo n°2 - dd_pechenard photo n°3 - dd_pechenard photo n°4 - dd_pechenard photo n°5 - dd_pechenard photo n°6 - dd_pechenard photo n°7 - dd_pechenard photo n°8 - dd_pechenard photo n°9 - dd_pechenard Photos A. Chauvin  (pour agrandir une photo cliquer dessus)
Compte-rendu

Frédéric Péchenard évoque dans un premier temps l'affaire de la prise d'otages de la maternelle de Neuilly, qui a eu lieu en mai 1993, plus connue sous le nom de "Human bomb", selon le surnom revendiqué par le preneur d'otages. C'est l'occasion pour Frédéric Péchenard de faire l'éloge de Nicolas Sarkozy, dont il reste très proche, et qui a joué un rôle déterminant dans le dénouement de cette affaire.

La police judiciaire
Sa carrière de commissaire de police débute à 24 ans, lorsqu'il intègre l'Ecole nationale supérieure de la Police (ENSP) en 1981. Pendant 25 ans, il mènera des enquêtes judiciaires, au sein de divers services : chef de section à la brigade des stupéfiants et du proxénétisme, puis chef de la section anti-terroriste (SAT) de la brigade criminelle, puis numéro 2 de la brigade antigang. En 1996, il est nommé commissaire divisionnaire à 39 ans et chef de la brigade de répression du banditisme, et, à partir de 2000, il est à la tête de la brigade criminelle à la Direction de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris.

Chargé en décembre 2003 des fonctions de sous-directeur des affaires économiques et financières (AEF), il est promu contrôleur général en 2004, puis nommé en 2006 directeur de la police judiciaire (36, quai des Orfèvres) et en 2007 directeur général de la police nationale par Nicolas Sarkozy. Il dirige 50 000 hommes et gère un budget de 9 Mds d'euros jusqu'en 2012. En 2009, il est nommé préfet hors cadre, chargé d'une mission de service public relevant du Gouvernement, et maintenu dans ses fonctions de directeur général de la police nationale. En 2013, il est nommé inspecteur général en service extraordinaire au sein de l'inspection générale de l'administration.

La sécurité routière
François Hollande le nomme en 2012, délégué interministériel à la sécurité routière. C'est un poste qu'il découvre avec intérêt. Il rencontre alors surtout des associations, souvent animées par des parents d'enfants morts sur la route. Après un an et demi à la sécurité routière, il a regretté d'en partir.

C'est la vitesse qui tue. Il faut agir sur ce facteur aggravant de toutes les autres causes. A ce propos, il est bon de rappeler que le nombre de morts sur les routes a drastiquement chuté en 40 ans, malgré la hausse du trafic, passant de 18 000 en 1972 à 9 000 en 2002 et 4 000 en 2017, sous l'impulsion de politiques volontaristes. D'où l'importance d'une politique publique efficiente. Pour faire baisser la mortalité, il faut agir sur la vitesse. Le passage de 9 000 tués à 3 000 tués par an a été obtenu grâce aux radars qui ont fait baisser la vitesse moyenne de 10 km/h. Cette réduction de vitesse permet de réduire les conséquences des accidents. Les 2 roues payent le plus fort tribut avec 25 % des tués pour 2 % du trafic. Les routes départementales sont les plus dangereuses. La météo est importante, et contrairement aux idées reçues, plus il fait beau, plus la route est dangereuse car le conducteurs sont plus nombreux, roulent plus vite et sont moins vigilants.

La politique
En 2013, Frédéric Péchenard se tourne vers la politique. Il est élu conseiller de Paris dans le 17ème arrondissement où il vit depuis son enfance et où il a fait ses études. En 2014, pour l'élection à la présidence de l'UMP, Frédéric Péchenard devient directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. Après sa victoire, il devient directeur général de l'UMP, transformé en " Les Républicains ".

Valérie Pécresse l'a nommé vice-président en charge de la sécurité à la suite de son élection à la présidence du Conseil Régional d'Ile-de-France. Il suit actuellement, en parallèle, le cursus de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale).

Le détail des propos de l'invité, sur les sujets sensibles des affaires terroristes et criminelles, et du quotidien des services en charge des questions de sécurité, n'est pas publié à sa demande.
François Giger (MP1978) et Pierre-Yves Landouer (MP1984)