DINER-DEBAT

avec

Son Excellence H.E. NYUNT TIN

Ambassadeur de l'union du Myanmar en France
Mardi 9 décembre 1997
" Les relations économiques entre la France et l'Union du Myanmar  "
 


Hotel Hilton, Paris 7

Compte-rendu

Le président du Club Pangloss, Jean-Pierre Bienaimé, accueille Son Excellence Nyunt Tin, ambassadeur de l’Union du Myanmar en France, qui est accompagné de Monsieur Phan Pun, conseiller commercial de l’Union du Myanmar.

II les remercie d’avoir répondu à cette invitation où il sera possible de connaître la politique du Myanmar. II présente ensuite le Club qui organise chaque année des missions qui font l’objet d’un rapport final établi par les lauréats sur les pays visités (par ex. : Maroc, Afrique du Sud, ...), rapport qui fournit des propositions pour la France.

II propose à Monsieur l’Ambassadeur de faire un exposé et de répondre ensuite aux questions qui y seront faites.

André Vessier, de la Direction Générale de l’Aviation Civile, complète cette introduction en précisant les thèmes qu’il souhaite voir traiter : la situation actuelle du pays, les relations notamment économiques et les divers projets (par ex. à Mandalay).

Monsieur l’Ambassadeur, après que chacun des invités se soit présenté, remercie le Club Pangloss pour cette invitation et précise qu’avant de représenter son pays en France, il a été en poste en Suisse, en Espagne, en Algérie et auprès de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture), et qu’il fut pilote dans l’armée de l’air. La situation politique actuelle doit s’apprécier dans le cadre de la situation géographique et de l’évolution historique.

Les problèmes constatés sont politiques et économiques. Monsieur l’Ambassadeur estime que les problèmes politiques sont en voie d’être résolus par le gouvernement en place mais que les problèmes économiques nécessitent, outre une réforme structurelle, un développement des échanges internationaux, particulièrement avec la France.

L’Union du Myanmar est située en Asie du sud-est. Ses voisins sont : la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Bangladesh et l’Inde. Elle a une façade maritime : la mer d’Andaman et le golfe du Bengale. La superficie du pays est de 677 000 Km² pour une population de près de 45 millions d’habitants, répartis entre 135 groupes ethniques différents, le principal étant celui des Birmans.

La principale religion est le Bouddhisme. Le pouvoir est actuellement exercé par un gouvernement militaire, le SLORC (State Law and Order Restoration Council - Comité d’État pour la Restauration de la Loi et de l’Ordre), depuis le 18 septembre 1988. C’est depuis cette époque que la “Birmanie” est devenue « Union du Myanmar » et « Rangoon », « Yangon ».

Selon Monsieur l’Ambassadeur, cette situation serait transitoire pour éviter l’anarchie et l’accentuation du déclin constaté depuis les deux dernières décennies. II cite U. Thant qui fut Secrétaire Général de l’ONU (Organisation des Nations Unies) de 1961 à 1971, à une époque où la situation de son pays était meilleure qu’actuellement.

Monsieur l’Ambassadeur n’hésite pas à considérer les revendications autonomistes comme une « bombe à retardement » dont la responsabilité serait à imputer à l’héritage laissé par la Grande-Bretagne lors de l’indépendance du pays en 1948. lI fait un parallèle sur ce point historique avec les problèmes d’autres pays, également anciennes colonies britanniques, tels l’Inde, le Pakistan, Israël et la Palestine. Il n’écarte pas totalement les risques conflictuels liés aux problèmes ethniques, nationalistes et fédéralistes qui pourraient connaître une évolution comparable à celle constatée ces dernières années dans l’ex-Yougoslavie. Ainsi, il est prévu dans la Constitution que chaque état aura le droit d’être indépendant trente ans après la décolonisation.

Pour cette raison, les militaires veulent réviser la Constitution, procéder à des élections et mettre en place un système de gouvernement civil pour une nation moderne.

Les objectifs sont politiques, économiques et sociaux:

a) politiques :
Etat de droit stable et pacifique, cohésion nationale, nouvelle Constitution répondant aux critères d’un Etat moderne;
b) économiques :
développement de l’Agriculture, pivot du développement simultané des autres secteurs économiques, évolution vers une économie de marché, importation de savoir-faire et de’ technologies;
c) social :
restauration de la moralité et du prestige national, du patriotisme, des niveaux de santé et d’éducation.

Dans ce cadre, les relations avec la France devraient être développées. Les sanctions économiques mises en œuvre par les américains auraient pour prétexte de prétendues violations des droits de l’Homme. Elles pourraient plutôt trouver leur origine dans l’adhésion de l’Union du Myanmar à l’ASEAN. (Association des Nations du Sud-¬Est Asiatique) en juillet 1997.

Les relations avec la France étant nettement meilleures que celles entretenues avec les Etats-Unis, l’Union du Myanmar espère le soutien de la France et un accroissement des relations économiques et commerciales.

Des sociétés françaises sont déjà implantées : BNP, Crédit Lyonnais, Société Générale, Total, GEC-Alsthom, Ciments Lafarge.

Les besoins sont importants : structures aéroportuaires, aviation, pétrole, téléphone et financement. Les potentialités existent, même si le pays n’est pas riche.

Monsieur l’Ambassadeur estime que son pays a besoin d’ingénieurs et de matériels français ainsi que de la technologie française. Des projets sont élaborés : aéroport de Mandalay, construction d’un oléoduc. Le tourisme est peu développé (400 000 personnes en 1994) mais il double chaque année.

A la demande d'André Vessier « Que peut faire la France pour vous aider ? », Monsieur l’Ambassadeur répond que, dans une première approche, un groupe d’experts français pourrait être envoyé sur place pour prendre contact avec les intermédiaires compétents.

Si ces efforts sont couronnés de succès le pays pourrait sortir du marasme.

Jean-Pierre Bienaimé, après avoir évoqué la crise financière en Asie et les réformes indispensables, remercie Monsieur l’Ambassadeur de l’Union DU Myanmar pour ce dîner-débat et souhaite le voir revenir pour affaires.
André Chauvin (MS 1992)