MINI-MISSION/VISITE EN FRANCE
Rouen , Septembre 2006
Port autonome de Rouen et pont levant Gustave Flaubert


Invités :
- M. Hubert du MESNIL (MP1974), Président de la FNEP
- Mme Martine BONNY, Dr du port autonome de Rouen (PAR)
- M. Jean-Bernard KOVARIK, Dr d'exploitation du PAR
- M. Yves BELOTTE, Directeur Régional de l'Equipement
- M. Frédéric CARMILLET, Direction Départementale de l'Equipement 76
- M. Claude SERVANT, Dr Scientifique EIFFAGE TP
- M. Gilbert ROUBACH (MP 1975), Dr de l’EP foncier de Normandie

Port de Rouen

A mi-chemin entre la mer et Paris, sur la Seine, on ne s’attend pas à rencontrer un grand port maritime traitant chaque année de 20 à 24 millions de tonnes de marchandises et accueillant quelque 3 500 navires. La surprise passée, il s’avère que la vocation portuaire de Rouen est inhérente aux qualités de son site reconnues depuis deux millénaires : le géographe grec Strabon (1er siècle après JC) considérait déjà la Seine comme « une des plus belles voies de commerce formées par la nature ».

Comme Hambourg et Anvers, Rouen accueille les navires loin à l’intérieur des terres, diminuant ainsi le recours aux moyens de transport terrestres et leurs inconvénients pour l’environnement, et permettant la réalisation d’économies importantes sur le coût des transports de bout en bout. Il ne faut donc pas s’étonner du rôle de premier plan que joue le port de Rouen au sein de filières majeures du commerce extérieur français comme l’agroalimentaire, les produits énergétiques, les produits forestiers et papetiers, les échanges Nord/Sud, etc.

Loin de se reposer sur l’acquis, le port de Rouen prépare activement son avenir à travers la démarche « Cap Développement » qui associe dans une réflexion collective l’ensemble de la place portuaire pour accroître et diversifier l’activité du port, l’un des axes majeurs retenus étant le développement de la logistique en complémentarité et en coopération étroite avec Le Havre, premier port français pour les conteneurs.

L'architecte du Grand stade de France construira le 6e pont de Rouen
              >>> Autres images du chantier du 6e pont de Rouen
En 2007 un nouveau pont franchira la Seine, le 6e pont de Rouen, pas encore baptisé, et qui sera mis en service en 2008 une fois terminées les liaisons aux voies rapides environnantes. Destiné à laisser passer les plus grands bateaux, notamment les voiliers géants de l'Armada et les paquebots de croisière, ce pont levant sera très simple, très sobre, très effilé, et s’inscrit dans le site: une signature pour l’agglomération, par l’architecte, Aymeric Zublena, qui a conçu le Grand Stade de France à Saint Denis.

Ce pont reliera la sortie de l'A150 (Rouen-Barentin) à la rocade Sud. À terme, 50 000 véhicules par jour emprunteront ce maillon du futur contournement de Rouen. Le nouvel ouvrage, financé dans le cadre du contrat de plan Etat/Région, s’inscrira dans un secteur en pleine évolution. L'entreprise Eiffage qui réalise l'ouvrage a notamment construit les ponts sur le Tage, sur l’Elorn, le viaduc de Millau, l’hôpital européen Georges Pompidou et le siège de TDF.

Le projet comporte des spécificités comme :
- pont levant, avec des piles en béton et des tabliers métalliques, des fûts hauts de 88 mètres entre six voies de circulation,
- deux tabliers indépendants (en cas de panne on peut basculer le trafic de l’un sur l’autre), comportant trois voies de circulation, une voie d’arrêt d’urgence et un trottoir chacun,
- l’ouvrage doit dégager une passe de 86 mètres de large et un gabarit de 55 mètres de hauteur en position levée,
- longueur totale de l’ouvrage plus les viaducs d’accès de 670 m,
- coût estimé de l’ensemble du sixième franchissement : 270 millions d'euro, dont 100 millions pour le pont et les viaducs d’accès.

Une horizontale, deux verticales (Aymeric Zublena)
« J’avais la liberté de penser mais je savais aussi que je devais tenir compte de nombreux signes. L’ouvrage doit marquer. Il doit être un élément fédérateur d’un quartier en mutation. Il sera un élément urbain au sein d’un environnement comprenant par exemple les clochers de la cathédrale, de Saint-Ouen. Il fallait donc faire simple, ne pas chercher le compliqué. Deux barres verticales, une barre horizontale. L’horizontale, ce sont les deux tabliers, très fins, qui s’élèveront une cinquantaine de fois par an (lors de passages de bateaux) selon les principes des ascenseurs ; les contrepoids seront dans les quatre piles en béton blanc, les verticales. »


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