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Forum 6
La bioéthique

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La génétique, mot magique, fait vibrer tous les espoirs : espoirs de guérison, de maîtriser la mort, espoirs de fabriquer la vie, d'améliorer l'espèce. La bioéthique, néologisme qui lui fait écho, semble avoir été inventé à la fin du XXème siècle pour attiser ces espoirs ou… pour empêcher les dérives ?
Une loi sur la bio-éthique a été votée en 2003, qui autorise la recherche sur les embryons, et condamne le clonage reproductif ou thérapeutique comme un crime contre l'humanité. Si le clonage humain à visée reproductrice suscite aujourd'hui un tollé de bon aloi, des chercheurs le pensent inévitable par la suite. A-t-on le droit d'instrumenter la vie humaine ? Telle est bien la question. Comment concilier éthique et thérapeutique ? Mettre l'embryon humain à disposition de la recherche et de l'économique, suppose de modifier sa représentation : ou bien c'est une personne potentielle, et on maintient l'interdit, ou bien un grumeau de cellules et on en fait un objet d'expérimentation. Aujourd'hui on ne peut que constater que la logique de la recherche et du marché prennent la place de la Loi. Le législateur a-t-il alors d'autres choix que de combler l'écart entre la réalité des faits et l'état du droit, c'est-à-dire légitimer le fait accompli et l'impensable à venir ? Ce qui est transgressif aujourd'hui ne le sera-t-il plus demain ? Le sensationnel prend-il le pas sur le réel, quand on se retrouve face à cette supercherie scientifique, le clonage, et que l'on donne la parole à des sectes, alors que cette même parole a été confisquée à d'autres, comme les couples infertiles, mais aussi le citoyen ordinaire, qui serait en droit de s'exprimer ?
animation :

Sylvie Mennesson (MP1992)

 
112
19/03/2008 - 18:18
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La Commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe vient de publier un rapport sur l’avortement. Approuvé par une large majorité par les membres de cette Commission, ce rapport invite les pays membres du Conseil de l’Europe à dépénaliser l’avortement, à garantir le "droit" des femmes à l’avortement et à adopter des stratégies de "santé reproductive" adaptée (accès à la contraception, éducation sexuelle des jeunes…).
"L’Assemblée considère que l’avortement ne doit pas être interdit. Interdire l’avortement n’aboutit pas à réduire le nombre d’avortements : cela mène surtout à des avortements clandestins, plus traumatisants et plus dangereux. La légalité de l’avortement n’a pas d’effet sur le besoin de la femme de recourir à l’avortement, mais seulement sur son accès à un avortement sans risque."
"L’avortement est, en théorie, accessible sur demande dans tous les Etats membres du Conseil de l’Europe, sauf en Andorre, à Malte, en Irlande et en Pologne" mais, "même dans les Etats membres où l’avortement est légal, les conditions ne sont pas toujours réunies pour garantir à la femme l’accès effectif à ce droit", explique Gisela Wurm, rapporteur de la Commission.
Le rapport ajoute toutefois que l’avortement ne peut en aucun cas être considéré comme une méthode de planning familial et doit être évité autant que possible. "Tous les moyens doivent donc être mis en place pour réduire le nombre de grossesses non désirées et d’avortement", explique la Commission.
Ce rapport devrait être discuté au cours de la session plénière du 14 au 18 avril 2008.
111
21/12/2007 - 16:09
L. S.
(MP1978)
Pierre-Olivier Arduin*, Contraception : la loi Neuwirth, quarante ans après
*P.-O. Arduin est responsable de la Commission béiothique du diocèse de Fréjus-Toulon. Dernier ouvrage paru : La Bioéthique et l’Embryon (Ed. de l’Emmanuel, 2007).


Le 28 décembre 1967, le Parlement français votait solennellement la loi libéralisant la contraception. L’auteur de la loi, le sénateur Lucien Neuwirth, lui donnera son nom. Ainsi prendra fin la législation de 1920 qui prohibait strictement toute forme de production, diffusion, importation ou vente de produits contraceptifs. La reconnaissance de ce premier « droit » à la contraception inaugurera une longue série de principes nouveaux – droits des femmes, droits sexuels, droits reproductifs – qui bouleverseront radicalement nos sociétés.
Les lois dépénalisant l’usage des contraceptifs qui se répandent dans les pays occidentaux à cette époque, sont la résultante de deux types de facteurs qui se renforcent mutuellement.
D’une part, une crise morale sans précédent qui va se cristalliser dans notre conscience collective sur la seule date de 1968. La révolution sexuelle en marche s’inscrit entre autres dans les thèses néomarxistes d’Herbert Marcuse pour qui la femme de la nouvelle société doit être libérée, non plus des contraintes du travail, mais avant tout de la dépendance affective d’une sexualitéconjugale fondée sur le mariage dit traditionnel. Le changement de cadre culturel est prodigieux, qui aboutit à une absolutisation de la libertésexuelle, privée de toute référence à la responsabilité et dégagée de toute norme éthique.
L’autre facteur est le progrès technique : le nouveau modèle sexuel est rendu possible par la découverte outre-Atlantique de la « pilule » par Gregory Pincus et son collaborateur catholique John Rock, dont les recherches avaient débuté au début des années cinquante, sous l’influence du puissant Planning familial américain. En 1956, la pilule est lancée sur le marché des États-Unis, et va devenir l’instrument technique idéal de l’idéologie de la contestation. La nouvelle culture contraceptive stimule la recherche pharmacologique, laquelle en retour consolide ses acquis intellectuels. Quant à la transformation du corps de la femme en objet de consommation hédoniste, elle ne dérange guère les tenants de la révolution des mœurs. Le philosophe italien Augusto Del Noce avait bien montré que la nouvelle société bourgeoise conjugue sujétion de la femme et permissivité générale, cette dernière est requise pour que l’illusion de la liberté demeure dans l’esprit des personnes.

Les loges à la manœuvre
En France, et dans bien d’autres pays d’ailleurs, c’est la franc-maçonnerie qui prend ce programme à bras le corps. Pierre Simon, président de la Grande Loge de France et co-fondateur du Planning familial français, en sera une des figures de proue. Dans son maître ouvrage, De la vie avant toute chose (Mazarine, 1979), introuvable aujourd’hui, il dévoile le plan du projet maçonnique, ceci expliquant peut-être cela : « Ce combat n’est pas seulement technique, mais philosophique. La vie comme matériau, tel est le principe de la lutte. La révision du concept de vie par la contraception transformera la société dans son intégralité [...]. Ce n’est pas la mère seule, c’est la collectivité toute entière qui porte l’enfant en son sein. C’est elle qui décide s’il doit être engendré, s’il doit vivre ou mourir » (p. 13). Pour catalyser son modèle, il préconise l’instauration d’un pouvoir médical : « La médecine doit façonner tous les jours un peu plus le visage et le destin des sociétés modernes. Cette intervention des médecins est rendue toujours plus nécessaire [...], les médecins, comme les autres scientifiques, doivent participer très concrètement au pouvoir » (p. 15). (Lui-même est médecin, tout comme Lucien Neuwirth.)
Autre point peu commenté aujourd’hui. La dépénalisation des contraceptifs fut bien plus âpre à obtenir que l’avortement en 1975, contrairement au mythe véhiculé par les féministes. C’est ce que dit Simon : « La bataille de la contraception fut beaucoup plus longue et pénible que la lutte pour l’avortement. Une fois la contraception entrée dans les mœurs et reconnue par la loi Neuwirth, l’avortement fut examiné en son temps. L’avenir nous donna raison. Pour inverser une formule célèbre : nous avions gagné la guerre, il ne nous restait plus qu’à livrer une bataille » (p. 98).
Une fois le virus inoculé dans les artères du corps social, ce fut bien toute l’écologie humaine, selon l’expression de Jean-Paul II, qui s’affaiblit et s’altéra, engendrant et fixant une « structure de péché » plus connue sous le nom de culture de mort.

Contraception et avortement, même combat
Sur l’aspect simplement contraceptif, suivra en effet un arsenal juridique et législatif déployant pendant quatre décennies ce qui sera pensé consciencieusement dans les loges.
Habilitation des centres de planification et d’éducation familiale à délivrer aux mineures à titre gratuit et anonyme des contraceptifs sur prescription médicale (loi du 4 décembre 1974), autorisation de la délivrance de la pilule du lendemain par les infirmières et les pharmaciens avec la gratuité assurée aux mineures (loi Royal du 13 décembre 2000), suppression du consentement des titulaires de l’autorité parentale pour la prescription médicale de la pilule aux mineures (loi Aubry du 4 juillet 2001), autorisation des sages-femmes àdélivrer une ordonnance contraceptive (loi Douste-Blazy du 9 août 2004). Ce dernier texte réglementaire relatif à la politique de santé publique énonce clairement dans l’objectif n. 97 de son rapport annexe, le droit des femmes à un « accès à une contraception adaptée, à la contraception d’urgence et à l’IVG dans de bonnes conditions ».
Il n’est d’ailleurs pas anodin que contraception et avortement soient intimement liés dans ce dernier rapport. La France est championne d’Europe de la contraception, le baromètre santé de l’INPES (Institut national d’étude de la population et des sociétés) publié en 2005, révélant que seules moins de 5 % des femmes concernées n’utilisent aucun moyen contraceptif. Une femme sur 7 a déjà eu recours à la pilule du lendemain dont un million de boîtes ont été délivrées en 2005. Pour autant une étude parue en novembre par l’INED [1] (Institut national d’études démographiques) montre que le taux d’avortement est excessivement élevé, plafonnant à 211 000 pour 768 000 naissances, soit plus d’une grossesse sur quatre.
Les chercheurs n’hésitent plus à parler de norme médicale contraceptive contraignante, d’exigence toujours plus forte de planification. C’est l’utopie de la maîtrise parfaite de la fécondité avec non seulement un désir d’intervenir sur le nombre d’enfants mais encore sur les paramètres d’espacement de la fratrie, d’entrée en « parentalité »et même de période programmée dans l’année pour accoucher. D’où une propension quasi irrésistible à utiliser l’avortement comme rattrapage « contraceptif » en cas de grossesse non prévue. Bref, si l’avortement a besoin d’un terreau culturel contraceptif pour croître, la mentalitécontraceptive est la racine de l’antilife mentality qui refuse comme un mal absolu l’enfant non planifié. L’avortement reste alors la seule solution envisagée et le moyen le plus efficace pour finaliser son projet contraceptif.

La bataille des mots
On a d’ailleurs une confusion croissante sur le plan sémantique entre avortement et contraception puisque le RU-486 permettant des avortement chimiques est dénommé « pilule contragestive » et la « contraception d’urgence » n’est autre – il est vrai selon la période du cycle féminin où elle est absorbée – qu’un abortif précoce contrecarrant l’implantation du jeune embryon sur la paroi utérine. Quant au stérilet, il s’agit d’une méthode clairement abortive [2], ce qui n’empêche pas la Haute Autorité de la Santé (HAS), dans une liste de recommandations émises en 2004, de le proposer largement comme technique «contraceptive » sûre et efficace. C’est ce que vient de demander à Cannes la présidente de l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (ANCIC) : « Les dispositifs intra-utérins qui assurent une contraception quinquennale méritent d’être réhabilités en direction des jeunes femmes sans enfants. Entièrement réversibles, ils n’offrent aucun effet secondaire et n’occasionnent aucune contrainte [3] ». Cette volonté de manipuler les termes pour mieux dissimuler les pratiques est une constante pour abattre les dernières barrières morales. Utiliser de nouveaux mots se substituant à la réalité pour mieux l’asservir, avec le secret espoir que ce qui est mal nommé ne sera pas discuté.
Devant cette escalade dans le refus multiforme de la vie, on peut déceler de plus en plus chez les jeunes un désir d’entendre un autre type de discours. Celui d’une sexualité humaine impliquant le corps, le cœur et l’esprit des époux comme un lieu de don total, de rencontre, de dialogue réalisant l’unité des personnes. Seul l’agir d’une continence conjugale périodique reposant sur une compréhension approfondie du corps de l’homme et de la femme répond aux exigences de la paternité responsable en préservant la signification procréatrice de l’amour entre les époux. La multiplication dans les familles, les écoles, les aumôneries… de foyers rayonnant un enseignement personnaliste de haut niveau sur la sexualité sera un antidote puissant pour armer l’intelligence des nouvelles générations.

[1] Ined, La loi Neuwirth quarante après : une révolution inachevée, n. 439, novembre 2007.
[2] Le mode d’action du stérilet passe par la production d’un état inflammatoire permanent dans l’utérus rendant impossible la nidation de l’embryon déjà conçu.
[3] Le Quotidien du médecin, 22 novembre 2007.
110
12/11/2007 - 17:55
S. M.
(MP1992)
Septembre 2007 : inauguration de l'Institut des cellules souches embryonnaires humaines, I-STEM
- Le Téléthon a permis de financer la création du premier centre français de test à grande échelle des recherches sur l'embryon humain : l'Institut I-STEM (Institut des cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques). Rappelons que la recherche sur les embryons humains signifie qu'on prélève des cellules de l'embryon (que l'on détruit) pour les utiliser comme matériau de recherche. Accueilli par le Génopole d'Evry, il est dirigé par Marc Peschanski qui explique l'origine du projet des recherches d'I-STEM1 : "ce projet m'est venu à l'esprit en 2002. J'avais alors démontré qu'on pouvait améliorer l'état des malades de Huntington en leur greffant des neurones de fœtus issus d'interruptions de grossesse". Pour pallier le manque de cellules fœtales disponibles, il pense alors aux cellules souches embryonnaires qui peuvent être mises en culture et différenciées in vitro. Son but : étudier les cellules souches embryonnaires. Il s'appuie alors notamment sur l'Association française contre les myopathies (AFM), l'Inserm et l'université d'Evry-Val d'Essonne. "I-STEM a été lancé en 2005 avec en poche 7 millions d'euros pour deux ans"1 cela en fait "le plus gros centre français travaillant sur les cellules embryonnaires souches humaines"1. Marc Peschanski souligne la participation de l'AFM dans ce projet : "Nous avons bénéficié d'un soutien de l'AFM de 3,4 millions d'euros sur 2 ans, ce qui a couvert la moitié de nos dépenses"2. Selon Les Echos, "le conseil d'administration de l'AFM s'est engagé sur les prochaines années, sous réserve du succès du Téléthon annuel, à doubler le montant des financements publics décrochés par le projet"2. "Dans le cadre de son développement 2007-2010, I-STEM se développe en prenant possession de 1600m2 de laboratoires rénovés et équipés par l'AFM"3.
- I-STEM a été inauguré en septembre 2007, en présence de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
- La loi de bioéthique de 2004 autorise les recherches sur les embryons "surnuméraires, dépourvus de projet parental". Mais, en attendant les décrets d'application, certains chercheurs financés par le Téléthon s'impatientaient. Ils ont donc obtenu, dès février 2005, des ministres de la Santé et de la Recherche, des autorisations spéciales d'importer des cellules embryonnaires pour pouvoir commencer sans attendre les recherches au sein d'I-STEM4. Une autre autorisation a été signée en septembre 20055.
- En juin 2006, les premières autorisations effectives de recherche sur l'embryon humain sont signées en France. Ainsi la 1ère équipe qui tentera en France de créer des lignées de cellules à partir d'embryons humains sera codirigée par M. Peschanski et S. Viville6.
- Parmi les équipes qui travaillent au sein d'I-STEM, certaines s'intéressent à des lignées de cellules souches développées à partir d'embryons malades rejetés à la suite d'un diagnostic préimplantatoire (DPI). Une autre équipe travaille à la production d'une lignée cellulaire mutée à partir d'une lignée de cellules souches embryonnaires humaines saines.
- Le 8 octobre 2007, l'Inserm a annoncé avoir créé une première lignée de cellules souches embryonnaires humaines en France. Elle a été obtenue après destruction d'un embryon issu d'une fécondation in vitro et porteur d'anomalies chromosomiques détectées lors d'un diagnostic préimplantatoire (trisomie 1 et monosomie 21). Les travaux ont été menés par l'équipe de l'université de Paris-Sud XI, spécialiste de la culture des cellules embryonnaires et par celle de l'hôpital Antoine Béclère de Clamart qui travaille sur l'embryon7. 38 couples ont été sollicités pour donner leurs embryons. Trois couples ont refusé, dont deux pour des raisons religieuses ; ils sont musulmans.
Les chercheurs auraient réussi à faire se différencier certaines de ces cellules en cellules nerveuses. Ces dernières seront mises à la disposition du Pr Marc Peschanski du Génopole d'Evry7.

Annonce du premier colloque international sur les cellules souches embryonnaires humaines du 31 janvier au 2 février 2008 au Génopole d'Evry
Les objectifs de cette manifestation sont de créer, pour la première fois en France, une vitrine internationale de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines, de réunir et fédérer les chercheurs autour de cette recherche. En un mot : dynamiser la recherche sur l'embryon. Cet événement a vocation à devenir "Le" congrès international de la recherche sur l'embryon. Sont invités à y participer sous forme de partenariat : industriels, organismes publics, investisseurs, presse, etc. Marc Peschanski y interviendra. Ce colloque est annoncé sur le site d'I-STEM8.
109
01/10/2007 - 16:12
S. M.
(MP1992)
Les tests de paternité sont de plus en plus en vogue sur Internet. Interdit en France, cette pratique permet aux pères de connaître avec certitude leurs liens de filiation biologique. Il existe des dizaines de laboratoires suisses, anglais, allemands ou néerlandais qui proposent leurs services via Internet, pour un coût variant de 150 à 400 euros.
Mais on peut s’interroger sur les conséquences de cet examen pour les enfants et leurs familles. Jean-Jacques Cassiman, directeur du Centre de génétique humaine de l’université de Louvain, estime que les conséquences de cet accès à la vérité biologique risque d’être aux antipodes de "la paix de l’esprit" et de "la fin des troubles émotionnels" promis par les sociétés. "Si problème il y a, le recours aux tests ADN ne fera que le déplacer, voire l’amplifier", ajoute-t-il.
Sophie Marinopoulos, psychologue et psychanalyste à la maternité du CHU de Nantes, craint que, par ces tests, le lien biologique soit de plus en plus valorisé : "dans une société anxiogène comme la nôtre, qui ne sait plus très bien définir ce qu’est la famille, il peut être tentant de chercher son identité à travers son ADN. Le problème c’est que ce n’est pas l’appartenance biologique qui fait la filiation…". Aujourd’hui en effet, il est difficile de faire coïncider la transparence biologique et les nouvelles structures familiales : familles recomposées, homoparentalité, adoptions, procréation assistée (don de sperme, transfert d’embryon, mères porteuses). Par ailleurs, on peut s’interroger sur le poids symbolique et juridique de ces tests.
Didier Sicard redoute que ces tests ne survalorisent la paternité biologique : "si le recours à ces tests se banalise, la filiation biologique risque de prendre une importance démesurée. Alors qu’elle est parfois tellement pauvre, dans les faits, par rapport à la filiation sociale… ".
Il convient aussi de s’interroger : en cas de conflit, quel « père » l’emportera sur l’autre ? Le droit devra sans doute jouer un rôle majeur sur ces questions. Sera-t-il amené à renforcer la filiation sociale afin de protéger les intérêts de l’enfant ?
On imagine aujourd’hui que ce test pourra se faire in utero. Grâce à la présence des cellules fœtales circulant dans le sang maternel, on pourra l’effectuer dès le 3ème mois de grossesse.
Verrons-nous alors des mères choisir de garder leur enfant selon le père désigné par le test ?
108
26/09/2007 - 15:41
Sylvie Mennesson
(MP1992)
En mars dernier, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait rendu un arrêt condamnant la Pologne pour ne pas avoir accédé à la demande d'avortement formulée par une femme qui considérait que sa grossesse représentait un danger pour sa santé. La Pologne avait fait appel de cette décision mais l'appel vient d'être rejeté. Les motivations de la décision ne sont pas rendues publiques. Les juges peuvent rejeter une demande d'appel devant la grande chambre de la Cour dès lors que les violations des droits de l'homme semblent établies et la jurisprudence de la Cour suffisamment claire en la matière.

En 2000, Alicia Tysiac, mère de 2 enfants n'avait pas été autorisée à avorter pour raison de santé après que trois ophtalmologues aient jugé que sa nouvelle grossesse présentait des risques pour sa vision. Aujourd'hui, elle ne peut voir au delà de 1m50. Elle sera donc indemnisée de 25 000 euros au titre du dommage moral et de 14 000 euros pour les frais et dépens au motif de "violation du droit au respect de la vie privée et familiale".
107
21/09/2007 - 15:45
S. M.
(MP1992)
Jeudi 20 septembre, l'Assemblée nationale a adopté, en première lecture, par 91 voix contre 45, le texte de loi qui autorise le recours aux tests ADN pour le regroupement familial. Cette disposition a été prise à titre expérimental, jusqu'au 31 décembre 2010. Les frais du test seront remboursés au demandeur si la filiation est avérée.
Cet amendement sur les tests génétiques a été proposé par Thierry Mariani (UMP, Vaucluse) rapporteur du projet de loi relatif à la "maîtrise de l'immigration, l'intégration et l'asile"(cf Synthèse de presse du 19/09/07).
11 pays d'Europe ont déjà recours aux tests génétiques pour chasser la fraude au regroupement familial.
Notons que la loi de bioéthique de 2004 interdit le recours aux tests ADN de filiation en dehors des domaines médical et judiciaire.
106
12/09/2007 - 01:35
Clara
(E)
Bioéthique ou biorégression
L'interdit qui frappe encore dans les principaux pays européens les recherches sur les cellules-souches embryonnaires est de plus en plus mal supporté par les chercheurs. La France pour sa part doit tenir la promesse faite précédemment d'organiser prochainement des Etats Généraux de la bioéthique.

Une expérience récente faite sur l'animal a montré que seules des cellules-souches embryonnaires pouvaient réparer un muscle cardiaque en partie détruit par un infarctus. Tout permet de penser que l'opération serait transposable chez l'homme. On voit les espoirs que de telles interventions pourraient donner à des malades condamnés à l'immobilité suite à une atteinte cardiaque étendue. Rappelons que les cellules-souches non embryonnaires ne manifestent que des facultés d'adaptation et de regénérescence très limitées.

Malheureusement, cette perspective, qui devrait faire l'objet d'un intérêt unanime en Europe, reste du domaine de l'impossible du fait de la radicalisation progressive de l'Eglise catholique concernant tout ce qui touche à l'embryon, fut-il constitué de quelques cellules seulement. Cette position lui est propre et ne se retrouve pas dans les autres religions. Un certain nombre de gouvernements européens ont cependant intériorisé les interdits du Vatican et prohibé, notamment, les recherches sur les cellules-souches embryonnaires. Seule la Grande Bretagne fait montre à cet égard du minimum d'ouverture permettant à la recherche scientifique de s'exercer normalement.

Les biologistes européens s'impatientent de plus en plus. Certains d'entre eux viennent de demander aux législateurs allemands et italiens de revenir sur les interdictions en vigueur dans ces deux pays concernant les recherches sur l'embryon humain. Quant à la France, le précédent gouvernement avait promis que cette question, parmi d'autres, serait soumise à des Etats Généraux de la bioéthique qui devaient se tenir à la rentrée. Ces débats devaient précéder la révision de la loi de bioéthique prévue pour 2009 et être conduits sous l'autorité de l'Agence de la biomédecine. Mais aujourd'hui, à la consternation de la très grande majorité des professionnels, la ministre de la santé et des sports refuse d'honorer cette promesse.

En bonne logique européenne, ces questions devraient être discutées et réglementées de la même façon dans l'ensemble de l'Europe. La maladie n'y a pas de frontières. Les soins ne devraient pas en avoir non plus. De plus, il est anormal que les athées et agnostiques soient pénalisés du fait de croyances qu'ils ne partagent pas. S'il est sans doute encore impossible d'obtenir un consensus minimum sur les questions de bioéthique dans l'Europe des 27, il serait au moins souhaitable que les grands Etats européens, disposant de potentiels de recherche importants, puissent s'accorder après discussion sur des protocoles dont l'importance en termes scientifiques et thérapeutiques se révèle chaque jour davantage.
Jean-Paul Baquiast
105
19/06/2007 - 13:30
S. M.
(MP1992)
Kent Ewing, professeur à la Hong Kong International School, a publié, le 31 mai dernier, sur le site Internet d'Asia Times, une analyse de la politique de contrôle des naissances chinoise. Revenant sur les récentes émeutes qui ont éclaté dans la région du Guangxi à propos de la politique de l'enfant unique en vigueur depuis 1979 (cf. Synthèse de presse du 23/05/07), il s'interroge : "que faudra-t-il pour que les dirigeants chinois admettent qu'ils doivent sortir du fiasco produit par leur politique de planning familial ?".
Ces violents événements ont rappelé "l'inhumanité inhérente" à cette politique et tout ce que "son application peut avoir d'arbitraire et de brutal". La presse internationale a ainsi rapporté les cas d'avortements forcés comme celui de He Caigan, jeune femme de 19 ans, qui a été contrainte d'avorter à quelques jours du terme prévu pour sa grossesse.
Parallèlement, Kent Ewing constate que les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à recourir à l'avortement comme moyen principal de contraception. Le 13 mai dernier, un article du New York Times rendait compte de la hausse du taux d'avortements chez les jeunes chinoises célibataires, décrivant ce que son auteur, le journaliste Jim Yardley, appelle la "culture alarmante de l'avortement".
D'après les chiffres de l'International Planned Parenthood Association, basés sur ceux "pas toujours très fiables" du ministère de la Santé, la Chine compterait 7 millions d'avortements par an. Mais, en prenant en compte notamment le nombre d'avortements pratiqués dans les cliniques privées et le nombre de femmes recourant à la pilule du lendemain, ignorés dans les statistiques du ministère de la Santé, "il se pourrait que le chiffre réel des avortements en Chine soit deux fois plus élevés que le chiffre officiel".
Associée à la traditionnelle préférence pour les mâles, la politique de l'enfant unique a conduit à un ratio de 119 garçons pour 100 filles âgés de moins de cinq ans. Dans certaines régions, ce ratio atteint 130 garçons pour 100 filles.
104
04/06/2007 - 17:49
Sylvie Mennesson
(MP1992)
L'émission The Big Donor Show diffusée vendredi dernier sur la chaîne publique Nederland 3 (BNN) était un canular.
"Le Grand spectacle du donneur" mettait en scène Lisa, 37 ans, atteinte d'une tumeur au cerveau, et trois malades en attente d'une greffe de rein. Vincent, 19 ans, Charlotte, 29 ans et Ester-Claire, 36 ans souffraient tous les trois d'insuffisance rénale.

Dix minutes avant la fin de l'émission, le présentateur a révélé la supercherie : Lisa s'appelle en réalité Léonce et est une actrice en bonne santé. En revanche, les trois candidats entre lesquels elle devait choisir le receveur de son rein, étaient bien réels. Ils avaient accepté de jouer le jeu pour souligner l'importance du don d'organes dans un pays où le nombre de donneurs potentiels a chuté de moitié en quelques années.

Laurent Drillich, le directeur de BNN a assuré n'avoir "jamais pensé" qu'il y aurait un tel émoi international. L'émission avait été condamnée par l'Union européenne et la ministre allemande de la Santé a dénoncé une "idée macabre, vraiment méprisante pour la dignité des malades".

Avant l'émission le Premier ministre néerlandais s'inquiétait des "conséquences négatives" du Big Donnor Show pour "l'image internationale" des Pays-Bas. Une fois la supercherie dévoilée, le ministre de l'Education et de la Culture s'est quant à lui enthousiasmé pour un "coup fantastique", envisageant même de devenir un donneur d'organe.
103
27/02/2007 - 16:07
S. M.
(MP1992)
A l'occasion des 25 ans d'Amandine, le premier bébé-éprouvette, le Pr René Frydman, son "père médical" a accordé une interview au magazine l'Express. Rappelons que depuis 1982, 3 millions d'enfants issus de fivete sont nés en France.
René Frydman revient sur cette première médicale, expliquant qu'il avait vécu cette expérience comme un "miracle" puisque pour la première fois il "assistait en direct aux premiers instants de la vie d'un petit être". Il rappelle que cette technique existait déjà en Grande-Bretagne et qu'aucun essai n'avait eu lieu sur les animaux. "C'était une opération risquée" explique-t-il. "Nous ne savions pas si les enfants allaient naître normaux".

Cette naissance allait déclencher le débat sur la notion d'être humain : "à partir de quand peut-on parler de personne?" Pour lui, la question demeure toujours et oppose ceux pour qui l'embryon est une personne dès la conception et "les tenants d'une logique d'indépendance et de maîtrise de l'individu, qui considèrent que la femme a le droit de choisir sa maternité".

En 1983, la création du Comité national consultatif d'éthique (CCNE) a tenté de donner un statut à l'embryon en le définissant comme "personne potentielle". Ensuite, les membres du CCNE ont essayé de définir à quel stade l'embryon devenait une personne. "On en est là pour l'instant, et la question n'est toujours pas vraiment tranchée" explique-t-il.

René Frydman rappelle que la loi de bioéthique de 1994 a officialisé la fécondation in vitro et le diagnostic préimplantatoire (DPI) et que la loi de 2004 a autorisé la recherche sur l'embryon et étendu le DPI aux bébés médicaments. Pour 2009, René Frydman souhaite que l'on se penche sur la question du don d'ovocytes. Il trouve que dans ce domaine les règles de l'anonymat et de la gratuité ont atteint leurs limites.

Pour lui beaucoup des questions éthiques qui se posent aujourd'hui ne sont pas d'ordre scientifique mais commercial. Ce sont explique-t-il "des phénomènes de société, que le médecin ou le scientifique n'a pas plus de légitimité à trancher que n'importe qui d'autre".

A ses yeux, la question la plus préoccupante est celle des limites de la liberté individuelle qui a créé "une survalorisation de l'individu". Aujourd'hui la stérilité apparaît comme insupportable et les couples veulent "un bébé à tout prix". "La grande question est de savoir s'il faut imposer des règles pour tenir compte des autres, ou bien favoriser les désirs de l'individu, en particulier de celui qui a les moyens de les énoncer et de les satisfaire" explique-t-il.
102
16/02/2007 - 13:06
S. M.
(MP1992)
Je vous informe que les débats parlementaires sur les révisions de la loi Bioéthique ont commencé. Le 7 février dernier, une réunion avec tous les scientifiques, médecins, psy-quelque-chose et les députés a été organisée par PL Fagniez, député du 94 et rapporteur de la précédente loi. Un groupe de travail sera lancé au 1er semestre 2007 et les travaux auront lieu jusqu'à la mi-2008. En attendant, vous pouvez aller sur le site de l'Agence de Biomédecine, pour voir l'excellente étude réalisée par cet organisme au sujet des questions de bioéthique.
Edifiant !
101
16/01/2007 - 17:43
S. M.
(MP1992)
Je vous conseille d'aller voir le site suivant : http://claradoc.gpa.free.fr
clara
100
15/01/2007 - 18:55
S. M.
(MP1992)
D'accord, mais comment et dans quel type de domaine? Nous avons déjà commencé une réflexion et nous pourrions vous en parler si vous voulez bien.
099
01/01/2007 - 13:05
Amel Marc
()
Aidez moi à construire une réflexion sur l'acceptation de la gestation pour autrui et le droit de la famille.
098
05/09/2006 - 17:42
Sylvie Pittaro
(P)
Une consultation vient d'être lancée par la commission européeenne sur son site, sur la biotechnologie.
097
07/08/2006 - 11:53
Spm
(P)
A l'occasion du dixième anniversaire de la naissance de Dolly (premier clone de mammifère), Axel Kahn revient sur le clonage dit "thérapeutique". Les promoteurs du clonage avaient expliqué qu'il servirait à produire des cellules embryonnaires compatibles avec le patient cloné.
Axel Kahn reconnaît aujourd'hui que le clonage n'a pas ouvert de perspectives thérapeutiques. "Les scientifiques se sont rendu compte que cette bonne idée nécessite énormément de donneuses d'ovocytes, des armées de laborantins,... déclare Axel Kahn. Sans même parler des problèmes éthiques, ça ne tient pas la route." Il ajoute enfin : "il y a eu une gigantesque entreprise de mystification du public sur le clonage thérapeutique, à laquelle se sont prêtés les scientifiques".
096
01/08/2006 - 10:14
B. J.
(MP1979)
Quand la biologie et la médecine tombent dans le piège du mercantilisme et d'une forme d'eugénisme sexiste, on touche vraiment aux limites de l'acceptable ! Espérons que dans cette voie glissante et pour une fois, l'Europe ne suivra pas aveuglément l'exemple américain...
lire l'article : "Les Etats-Unis, pays du choix du sexe de l'enfant"
095
04/07/2006 - 16:03
S. M.
(MP1992)
Le Pr René Frydman est interrogé dans le quotidien Le Monde sur l'avenir de la procréation assistée. Les perspectives "les plus fascinantes" pour lui concernent la recherche sur les cellules souches, notamment celles embryonnaires. Il considère qu'"aujourd'hui, avec une dizaine d'embryons humains conçus in vitro, nous obtenons une lignée stable et immortelle de cellules souches". Le défi serait de faire transformer in vitro ces cellules souches en gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) ainsi "le nombre potentiel de descendants conçus in vitro n'aurait plus de limite". Mais cette "forme d'immortalisation de la fertilité" soulèverait une série de problèmes éthiques...

Pour le Pr Frydman, les recherches sur les cellules souches embryonnaires sont "déjà à la charnière entre assistance à la procréation et thérapie" bien qu'il soit difficile pour le moment d'envisager concrètement ces perspectives thérapeutiques, reconnaît-il.
Si le taux de réussite de la fécondation in vitro s'est bien amélioré depuis le premier bébé éprouvette (Amandine en 1978), il est au mieux de 50 % pour les couples jeunes sans handicap majeur. Pour mieux faire, il faut renforcer la connaissance du développement des ovocytes et des spermatozoïdes.
Le Pr Frydman évoque de possibles méthodes pour rendre le traitement de fécondation in vitro moins contraignant pour la femme mais jusqu'à maintenant elles ne sont pas satisfaisantes. Après les trois grossesses menées en Belgique et en Israël avec prélèvement, cryoconservation et réimplantation de tissus ovariens, le Pr Frydman attend cinq ans pour dire "s'il s'agit d'une solution efficace ou anecdotique".
Quant au projet d'un utérus artificiel, le Pr Frydamn est assez sceptique sur la réalisation d'un tel système étant donné la complexité de développement de l'embryon dans le ventre maternel. "Il me semble que le fait de porter un enfant au sein d'un utérus maternel restera (...) la seule et unique manière d'assurer notre descendance".
094
22/06/2006 - 17:06
S. M.
(MP1992)
Six équipes de biologistes travaillant dans des structures publiques ont obtenu de l'Agence de biomédecine l'autorisation de mener des recherches sur les cellules souches d'embryons humains. Des 12 équipes qui en avaient fait la demande, aucune n'a été refusée par l'Agence de biomédecine. Six ont été retenues, cinq sont en cours d'instruction et une s'est retirée. Sur ces six équipes retenues, cinq sont de l'Inserm et de l'Institut Pasteur et travailleront sur des lignées de cellules souches embryonnaires importées.
Pour la première fois, une équipe (codirigée par Marc Peschanski et Stéphane Viville) tentera sur le territoire national de créer à partir d'embryons humains des lignées de cellules souches. Ces autorisations sont données près de cinq mois après la publication du décret d'application du 7 février 2006 et près de 2 ans après le vote des lois de bioéthique de 2004.
093
28/04/2006 - 10:06
S. M.
(MP1992)
Que pensez-vous de la congélation des embryons humains, et de leur sort ? Pensez-vous qu'il faille, comme le père Mattheews souhaiterait, "les libérer de leur pprison de glace" , les dédier à la rechercher, ou simplement les faire adopter ? Voyons les arguments du père Mattheews......

Le nombre d’embryons humains congelés dans le monde augmente chaque jour et se compte par centaines de milliers. Aux Etats-Unis, on dénombre 400 000 embryons congelés, dont 11 000 qui ne font plus l’objet d’un projet parental ; en France, il y aurait plus de 80 000 embryons surnuméraires, en Belgique, 24 000… La question de leur devenir prend une dimension mondiale et urgente.
Aux Etats-Unis par exemple, l’adoption d’embryons se développe mais elle n’a rien de gratuit ni d’anonyme. Selon certains programmes d’adoption, les familles génitrices peuvent définir les critères de la famille adoptive et les familles sont invitées à rester en contact tout au long de l’éducation de l’enfant.
Le père Alain Mattheeuws, jésuite, docteur en théologie morale et sacramentaire de l’Institut catholique de Toulouse, professeur dans différentes facultés et spécialiste de la recherche bioéthique en théologie morale répond aux délicates questions qui entourent la congélation, l’implantation et l’adoption d’embryons créés par fécondation in vitro1. Il lance un « appel éthique » pour que soit respecté l’embryon congelé qu’il nomme « enfant embryonnaire congelé ».
Rappelons que la congélation des embryons humains permet d’augmenter l’efficacité des différentes techniques de reproduction médicalement assistée et vise à éviter des prélèvements répétés d’ovocytes. Si l’on considère ces cellules embryonnaires comme un matériau biologique, un embryon potentiel, leur congélation ne pose que des problèmes juridiques et techniques : à qui appartiennent ces embryons confiés à la clinique, abandonnés ou oubliés dans un hôpital ? Leur destruction accidentelle peut-elle entraîner une responsabilité, des dommages et intérêts, etc. ?
En revanche, si l’on considère qu’il faut respecter l’être humain dès sa conception, la congélation de l’embryon est inacceptable et moralement illicite. L’instruction Donum Vitae de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en 1987, s’exprimait ainsi : « La congélation des embryons, même si elle est réalisée pour garantir une conservation de l’embryon en vie constitue une offense au respect dû aux êtres humains, car elle les expose à de graves risques de mort ou d’atteinte à leur intégrité ; elle les prive au moins temporairement de l’accueil et de la gestation maternelle et les place dans une situation susceptible d’offenses et de manipulations ultérieures. »
Le père Mattheeuws souligne que les parents n’ont pas un droit absolu sur leurs « enfants embryonnaires » ; en revanche, ils en sont responsables. Les centres de Procréation Médicalement Assistée (PMA) font en général signer certains documents aux parents. Cette signature est un engagement civil qui ne correspond pas toujours à la loi inscrite dans les cœurs. Ainsi, comme parents, ils ne peuvent pas « moralement signer une décharge totale des embryons issus de leur corps et de leurs personnes ». Les parents ne sont pas habilités à donner leurs enfants embryonnaires comme des objets, ils ne peuvent pas être déchargés de la responsabilité qu’ils ont prise en concevant ces embryons, même avec l’aide de médecins.
Selon le père en question, il revient aux parents d’éviter que l’on ajoute un mal à un autre mal. Créer des embryons surnuméraires et les congeler est un mal, les maintenir dans cet état en est un autre, de même que la décision d’en faire un matériau pour la science. Les parents doivent veiller à protéger la dignité de leurs enfants embryonnaires congelés dans ce qu’ils sont et ce qu’ils peuvent devenir. Dans l’état de congélation, on enlève à l’embryon une qualité inhérente à ce qu’il est : son temps et son devenir. Son statut, par nature fragile, est fixé dans la fragilité.
La femme qui « adopte » un embryon congelé accueille l’enfant pour le porter et le mettre au monde. Cet embryon, qui lui est génétiquement étranger, ne sera pas porté par ou pour une autre femme, comme c’est le cas pour une mère porteuse ; l’enfant est accueilli pour lui-même. Il n’en reste pas moins que la femme n’a pas un droit absolu sur son corps. « Son être est essentiellement personnel, corps, cœur et esprit et cette unité personnelle ne peut devenir un pur instrument de survie de l’embryon congelé ». La femme accepte alors, dans l’intimité de son corps, l’enfant issu d’une autre relation ; cet acte l’instrumentalise, qu’elle le veuille ou non. Corporellement, la femme qui accueille en elle un enfant embryonnaire congelé pose un acte qui n’est pas le sien : l’acte d’une autre et d’un couple. Or cet acte ne peut être délégué ; il y a une « unité insécable » entre la conception et la gestation. L’adoption des embryons congelés révèle une intention généreuse, mais l’objet de l’acte (faire accéder ces embryons à la vie terrestre) contredit le respect qui est dû à tout être humain, en l'occurrence à la femme.
Pour le Père Mattheeuws, il ne s’agit pas de condamner les femmes qui généreusement proposent d’adopter ces embryons mais de faire réfléchir : pourquoi promouvoir une pratique qui n'est pas juste ? Prendre conscience du caractère sacré de la vie est un impératif moral en toutes circonstances mais l’aveu d’une impuissance humaine n’est pas toujours une faiblesse ou un manque de générosité : il peut être le signe d’une humilité vraie, celle qui cherche à trouver la vérité de toute vie et à respecter le plan de Dieu dans l’histoire. Il nous faut peut-être admettre que nous ne pouvons pas sauver les embryons congelés.
Il reste à faire le bien possible en assumant la condition absurde de ces embryons congelés et le Père Mattheeuws conseille de « les retirer du froid où ils sont emprisonnés, de les rendre aux conditions temporelles qui sont les leurs, de ne pas utiliser de moyens disproportionnés pour les sauver ou de moyens qui ne respectent pas leur dignité ou la dignité des personnes désireuses de les aider. L’enseignement du Magistère catholique au sujet du refus de l’acharnement thérapeutique trouve ici une nouvelle actualité. Il ne s’agit pas d’une euthanasie, mais du refus de prendre un moyen disproportionné et inadapté pour tenter de les faire survivre.»
092
04/04/2006 - 14:49
S. M.
(MP1992)
Une société américaine, PrimeGen Biotech vient d'affirmer avoir réussi à transformer des cellules immatures de testicules humains adultes, en cellules souches capables de se différencier en cellules nerveuses, cardiaques et osseuses.

Si cette annonce était confirmée, elle permettrait d'envisager des thérapies cellulaires sans avoir recours aux cellules souches embryonnaires.

Toutefois, cette découverte n'a pas fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique. Depuis l'affaire Hwang, toutes les découvertes en matière de médecine régénératrice sont frappées d'une suspicion légitime et certains experts réclament désormais la mise à disposition des collections de cellules, pour procéder à des vérifications.

Cette communication intervient quelques jours après celle parue dans la publication électronique de Nature d'une découverte similaire dans ce domaine, par une équipe de chercheurs de l'université de Gottingen (cf revue de presse du 28/03/06). Ces scientifiques auraient réussi à isoler, à partir de testicules de souris adultes, des cellules souches dont les propriétés seraient apparemment similaires à celles des cellules souches embryonnaires. C'est la première fois que l'on prouve que des cellules souches adultes de la spermatogenèse sont pluripotentes. Injectées à un embryon au stade d'une centaine de cellules, elles contribuent au développement de divers organes.
091
16/03/2006 - 16:08
Sylvie Mennesson
(MP1992)
Dans le quotidien Le Monde, le docteur Frédéric Chaussoy, qui vient de bénéficier d’un non lieu dans l’affaire Humbert, déclare que ceux, qui comme lui ont aidé une personne incurable à mourir, ne sont pas des assassins. Pour lui, il s’agit à présent d’autoriser dans des situations exceptionnelles, une aide à mourir, strictement encadrée.

Il regrette les termes de la loi visant à améliorer les conditions de fin de vie, car il estime que « cette loi n’aurait été d’aucune utilité à Vincent ». Elle aurait seulement autorisé de cesser de le nourrir «entouré des siens et surveillé par une équipe médicale ». Il s’interroge sur ce qui reste d’humanité dans cette proposition. "A quoi ressemble une société qui se satisferait de pareils faux-fuyants ?"

Pour le Dr Chaussoy, "nous avons tous le devoir d’entendre et d’écouter ce que réclament ces frères humains qui ont perdu l’usage de leur corps, mais pas leur liberté d’adultes majeurs et sains d’esprit". Il soutient donc Laurence Tramois et Chantal Chanel qui viennent d’être renvoyées devant la cour d’assises pour une affaire similaire à celle de Vincent Humbert (cf revue de presse du 06/01/06). Il estime que ces 2 femmes ont juste accompagné "avec humanité et compassion, la fin de vie de leur patiente dans sa dignité et à sa demande et à celle de sa famille".

Enfin, il approuve les propos de Bernard Kouchner préfaçant son livre : "il faudra encore du temps avant d’en arriver à un consensus social qui ouvrirait le droit à une mort choisie. Ne serait-il pas plus facile d’agir au nom de la souffrance pour que l’individu, la personne, soit seul à décider de sa fin et non la société qu’il faut parfois bousculer pour qu’elle avance".
090
01/03/2006 - 13:10
Emmanuelle Lavergne
(MP1995)
Je vous signale que le CCNE a rendu une avis favorable sur la levée de l'anonymat du don de gamètes. Je vous invite donc à le consulter sur son site. En voici la substance :
Avis du CCNE N°90 : "Accès aux origines, anonymat et secret de la filiation"
Dans un avis rendu public le 26 janvier 2006, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui s’était auto-saisi il y a quatre ans, livre ses réflexions et recommandations sur la question de l’anonymat, du secret de la filiation et de l’accès aux origines dans une société où la filiation biologique et la filiation sociale ou affective sont de plus en plus dissociées.

Aujourd’hui, 5 à 7% des enfants, soit 40 000 à 58 000, naissent chaque année dans des « conditions inhabituelles » (accouchement sous X, procréation médicalement assistée avec tiers donneur de gamètes ou don d’embryon, etc). S’affrontent ainsi de plus en plus souvent la question du secret relatif au mode de conception, l’anonymat du ou des parents biologiques et la demande d’accès aux origines. Le CCNE élargit par ailleurs sa réflexion pour aborder la maternité de substitution et l’accès à l’AMP (assistance médicale à la procréation) ou à l’adoption des personnes homosexuelles.
Levée du secret et maintien de l’anonymat
Le CCNE encourage la levée du secret du mode de conception le plus tôt possible par les parents eux-mêmes et les invite à prendre conscience des « effets dévastateurs d’une révélation tardive du secret ». En revanche, la levée de l’anonymat n’est pas recommandée pour les donneurs de gamètes ou d’embryon, (les gamètes ne sont pas des parents), mais le CCNE est favorable à ce que l’enfant, une fois majeur, puisse avoir accès à des informations « non identifiantes ». Dans le domaine de l’accouchement sous X, le CCNE voit un grand progrès dans la création du CNAOP (Centre National d’Accès aux Origines Personnelles) et encourage l’extension de ses compétences. En effet, depuis la loi du 22 janvier 2002, relative à l’accès aux origines des personnes adoptées et des pupilles de l’Etat, un enfant devenu majeur peut avoir accès s'il le demande, à des informations identifiantes sur son origine, après accord exprès de sa mère biologique si elle a laissé des renseignements sous enveloppe scellée.
Homoparentalité et maternité de substitution
Concernant la demande d’enfants par des couples homosexuels, « une question très actuelle mais peut-être excessive dans son importance », les membres du Comité ne sont pas opposés à l’adoption. En revanche ils sont réticents quant au recours à l’AMP qui est limitée par la loi à une finalité médicale et au traitement de la stérilité d’un couple. Enfin, concernant les grossesses par procuration ou maternités de substitution, le CCNE continue à émettre de fortes réserves en raison du risque de « marchandisation » du corps et de confusion des maternités pour l’enfant.
Disponibilité des gamètes et des embryons
Dans son Annexe I à l’avis n°90, le CCNE propose une approche internationale des aspects réglementaires. Si certains pays, tels que le Royaume-Uni, acceptent les mères porteuses et le don de gamètes et d’embryons, ils favorisent souvent la levée de l’anonymat dans l’intérêt de l’enfant. Partout, on relève une inquiétude, relative aux conséquences pour l’enfant, de la disponibilité des gamètes. Cette inquiétude explique que dans de nombreux pays, le don d’ovule et l’accueil d’embryon est interdit comme en Suisse, en Autriche, en Italie, en Norvège, en Allemagne…
Anonymat pour prévenir les infanticides
L’accouchement sous X, longtemps exception française d’une législation encadrant la maternité secrète en n’imposant pas aux parents biologiques de déclarer leur identité lors de l’enregistrement du nouveau-né, fait des émules à l’étranger. L’obligation d’indiquer le nom de la mère a entraîné une hausse des abandons sauvages de nouveaux-nés, voire des infanticides et plusieurs pays réfléchissent aujourd’hui à l’anonymat de l’accouchement. L’Allemagne, la Suisse, l’Autriche entre autres, ont mis en place des « Babyklappen », boîtes à bébés transparentes installées dans les rues. Un lit auto-chauffant permet de recueillir l’enfant et un tampon est à la disposition de la mère pour déposer une empreinte permettant de l’identifier. Dès qu’un enfant est déposé, un signal électronique prévient une équipe qui prendra en charge le nourrisson.
Protéger la vie des nourrissons, favoriser le droit à connaître ses origines, encourager la dissociation des filiations en encourageant les dons de gamètes et d’embryons ? La seule question n’est-elle pas comment défendre au mieux l’intérêt de l’enfant ?

Accès aux origines, anonymat et secret de la filiation, N°90, CCNE, 25 Janvier 2006
089
24/02/2006 - 15:46
Sylvie Mennesson
(MP1992)
Dans son rapport annuel, la Cour des Comptes critique les résultats de la politique de périnatalité en France et juge les résultats insuffisants.
Le rapport pointe du doigt :
- la lente restructuration du secteur public et le retard dans la mise aux normes des maternités,
- les inégalités très fortes entre régions et entre catégories sociales devant les risques liés à la grossesse,
- les performances insuffisantes par rapport aux pays comparables en matière de mortalité maternelle et périnatale. En 2002, en France, on enregistrait 9 décès maternels pour 100 000 naissances, et 4 décès de nouveau-nés pour 1 000 naissances. Des résultats qui placent la France derrière la Suède, la Finlande ou le Japon où on enregistre moins de décès en périnatalité.
088
27/01/2006 - 11:14
Emmanuelle Lavergne
(MP1995)
Le géniteur est-il le parent ? Le commencement de la vie se confond-il avec l'origine ? Quelle différence entre le secret et l'anonymat ? Pendant quatre ans, le Comité consultatif national d'éthique a planché sur ces questions. «S'affrontent le droit accordé actuellement aux parents à garder le secret sur leur mode de procréation et la demande d'accès à ses origines exprimée par un nombre croissant de personnes dans notre société et que certains assimilent à un droit», a résumé le comité d'éthique. Ce dernier rendait hier son avis intitulé «Accès aux origines, anonymat et secret de la filiation». «Un avis qui ne va plaire à personne, a pronostiqué Claude Sureau, membre du comité d'éthique, ni aux fougueux libéralisateurs, partisans de la connaissance des origines, ni aux plus réservés sur les transformations en cours.»
Les sages proposent de distinguer le secret (sur la modalité, médicalement assistée, de la conception) et l'anonymat du ou des donneurs de gamètes ou d'embryon. Dans le domaine de la fécondation avec un tiers donneur, ils sont favorables à la levée du secret. Les praticiens, notamment au sein des Cecos, sont invités à prévenir les parents que le secret peut s'avérer «illusoire, voire dangereux pour l'harmonie familiale». Pour autant, les sages ne recommandent pas la fin de l'anonymat : «Les gamètes ne sont pas des parents.» Le comité souhaite toutefois laisser une porte ouverte. Le donneur pourrait consigner des informations non identifiantes, par exemple sur les raisons du don, dans des registres que l'enfant pourrait consulter plus tard.
Plus tard. Concernant l'accouchement sous X, les sages se prononcent pour le maintien de la situation actuelle. «Mais il est important d'informer la mère sur la possibilité de laisser un jour, si elle le souhaite, des renseignements [...] et de pouvoir révéler ultérieurement des données identifiantes.» Le comité d'éthique souhaite que ne puisse «jamais être levé l'anonymat d'une mère sans qu'elle y ait consenti de son vivant». (Le Monde, 26 janvier 2006)
087
27/01/2006 - 11:13
Emmanuelle Lavergne
(MP1995)
En un demi-siècle à peine, la famille a accompli sans tapage une véritable révolution. Déclin du mariage, croissance de l'union libre, fragilisation des couples, développement des familles recomposées, mères par procuration: la famille des années 2005 est loin de ressembler à celle des lendemains de la seconde guerre mondiale. Pour analyser les mutations qui se sont produites en moins de deux générations, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a créé, il y a un peu plus d'un an, une mission d'information présidée par l'un des artisans du pacs, le député (PS) de Paris Patrick Bloche. Dans le document final, qui comporte plus de 400 pages, Valérie Pecresse, rapporteure de la mission et porte-parole de l'UMP, dresse le portrait des familles d'aujourd'hui.
086
27/01/2006 - 11:10
Vincent Menzies
(ext)
La Cour de cassation a rendu hier trois arrêts rétablissant dans leurs droits à l'indemnisation des parents qui avaient engagé des procédures pour faire reconnaître le préjudice de leurs enfants nés handicapés. Ces décisions s'inscrivaient dans le cadre du contentieux né de l'arrêt Perruche de 2000, avant que la loi Kouchner de 2002 (dite «loi anti-arrêt Perruche») ne soit votée.

Le 6 octobre 2005, la France était épinglée par la Cour européenne des droits de l'homme car, en appliquant la loi Kouchner rétroactivement, elle privait les parents qui avaient engagé une action avant 2002 d'une indemnisation qu'ils pouvaient légitimement espérer. Dans les trois arrêts rendus hier, la Cour de cassation s'est rangée à la position de la Cour européenne. Ces décisions n'ont qu'une portée limitée, elles ne concernent que des dossiers déjà en cours avant la loi de 2002. Ces informations nous rappellent que la France ne doit pas faire n'importe quoi, dans sa volonté de condamner, de réprimer et d'interdire.... Heureusement que la Cour Européenne est là pour rappeller qu'une loi ne peut pas être rétro-active!
085
17/01/2006 - 10:21
Emmanuelle Lavergne
(MP1995)
Le professeur Claude Sureau, ancien président de l’Académie Nationale de Médecine et membre du Comité Consultatif National d’éthique, vient de publier « Son nom est personne. Avant de naître, l'enfant est-il une chose, un amas de cellules, ou un patient ? » Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, dénonce « le piège des propositions » faites dans cet ouvrage. Se basant sur la fable de La Fontaine, l’âne vêtu de la peau du lion, il dénonce l’attitude du Pr Sureau qui, sous couvert d’arguments pertinents, « avance masqué » et propose des solutions perverses.

Sur l’affaire des fœtus morts découverts à l’hôpital Saint Vincent de Paul, Claude Sureau dans son livre se déclare choqué surtout par la désinvolture qui touche les fœtus et les embryons vivants. Naturellement, on ne peut qu’approuver de tels propos. De même, il feint la compassion pour les parents confrontés à l’homicide involontaire du fœtus et qui sont sans possibilité d’en poursuivre l’auteur. Enfin, il s’indigne d’une décision de justice qui ne reconnaît ni la mort de personnes humaines, ni la destruction d’objets, pour des parents qui ont perdu des embryons congelés à la suite d’une panne d’électricité. Fort de ces arguments, le lecteur ne peut qu’approuver les propos du Pr Sureau.

Or tout s’effondre un peu plus loin quand le Pr Sureau approuve le clonage thérapeutique en « faisant semblant de croire que les embryons ainsi obtenus ont moins de valeur que ceux conçus avec ovule et spermatozoïde » dénonce Jean-Marie Le Méné. Et comme la loi française autorise la recherche sur les embryons surnuméraires qui « sont indiscutablement des embryons humains » , à plus forte raison doit-elle autoriser le clonage. (CQFD !)

Or, Jean Marie Le Méné rappelle que le Pr Sureau fut un des militants de la recherche sur les embryons congelés lors de l'examen de la loi de bioéthique de 2004.

Dans son ouvrage, le Pr Sureau « se croit obligé de faire des génuflexions courtisanesques » devant la loi Veil qu’il qualifie de « loi bénéfique pour la santé publique ». Comment peut-on ensuite adhérer à ses arguments par lesquels il souhaite donner un statut protecteur à l’enfant à naître, interroge Jean-Marie Le Méné.

Enfin dans un dernier chapitre intitulé « le paradoxe du petit chien », Claude Sureau « en arrive à la révélation stupéfiante » qu’il faut donner à l’embryon humain le statut d’animal. Or depuis le droit romain, il existe deux catégories : les personnes que l’on doit respecter et les choses dont on peut disposer, rappelle Jean-Marie Le Méné. Celui-ci s’étonne donc de cette nouvelle catégorie…. « de ratons laveurs dont nous ferions tous partie dans notre extrême jeunesse ! ». Il met en garde ceux qui défendent la vie de tels propos qui, sous couvert de donner un nouveau statut à l’embryon, conduisent à lui donner un statut « infra humain ». Il considère que cette proposition du Pr Sureau est doublement suspecte car le statut d’animal protègerait encore moins l’embryon que le statut d’être humain et qu’une loi dans ce sens permettrait de « justifier une complète disponibilité de l’embryon, voire l’autorisation de créer des embryons par clonage ».

En conclusion, Jean-Marie Le Méné s’interroge : « finalement, est-ce que le statut que l’on décerne à l’enfant à naître ne renseigne pas mieux sur celui qui le propose, (...) que sur celui qui le reçoit ? » -


084
11/01/2006 - 16:09
Sylvie Mennesson
(MP1992)
"Hier, la commission scientifique de Séoul chargée d'étudier les travaux du professeur Hwang, a conclu que ses principaux résultats depuis plusieurs années avaient été trafiqués. Le chercheur n'a en fait réalisé aucune percée dans la technologie du clonage, si ce n'est le chien cloné, Snuppy, en août 2005.

La commission a déclaré que l'article de février 2004 paru dans la revue Science était faux : "la lignée de cellules souches que le Dr Hwang avait affirmé en 2004 avoir extraite d'un blastocyte produit par clonage n'était [en fait] pas issue d'un embryon humain obtenu par clonage".

La justice a d'ores et déjà interdit au chercheur et à une dizaine de ses collègues de se rendre à l'étranger. L'enquête devrait se concentrer sur un possible détournement de fonds publics, car près de 40 millions de dollars avaient été accordés au professeur Hwang pour ses travaux.

Adulé il y a encore quelques temps dans son pays, Hwang Woo-suk est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands imposteurs scientifiques de l'histoire."
083
04/01/2006 - 10:11
Sylvie Mennesson
(MP1992)
Dans une interview consacrée au magazine La Recherche, Claude Huriet* revient sur la "Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme" récemment adoptée par la Conférence générale de l'Unesco.

Claude Huriet explique qu'il n'y a pas de "bioéthique universelle" mais "des valeurs universelles sur lesquelles on peut fonder des recommandations relatives à la bioéthique" comme la liberté de la science et de la recherche, le respect de la dignité humaine, des libertés fondamentales et de l'autonomie de la personne.

Au départ, le Comité International de Bioéthique de l'Unesco avait la mission d'élaborer une "Déclaration relative à des normes universelles de bioéthique". Pour Claude Huriet, une réflexion bioéthique ne "peut aboutir à définir des normes" car c'est à la loi de les fixer. Les instances éthiques se doivent d'émettre des avis, des recommandations.

La déclaration actuelle n'est pas juridiquement contraignante mais constitue "un cadre cohérent" susceptible de "guider les États pour la mise en place de leurs politiques et de leur législation".
Cette Déclaration est fondamentale parce qu'elle "lie la bioéthique et les droits de l'homme". Pour Claude Huriet, le principe le plus important édicté par la Déclaration est celui du consentement éclairé notamment par rapport aux essais cliniques effectués par les pays développés dans les pays en voie de développement.

Claude Huriet rappelle que la réflexion bioéthique est un "questionnement nécessairement pluraliste, une réflexion évolutive qui cherche l'équilibre entre le progrès des biosciences et la place de l'homme dans la société. Elle ne peut être confondue ni avec la déontologie ni avec la morale".

A propos de la loi de bioéthique de 2004 qui interdit la recherche sur l'embryon humain mais qui l'autorise "par dérogation", Claude Huriet rappelle que les deux principes émis, celui du respect de la vie dès son origine - auquel il souscrit - et celui de la personnification différée de l'embryon, ne sont pas conciliables "d'où ce grand écart que je trouve incompréhensible d'un point de vue législatif".

Claude Huriet suppose que lors de la prochaine révision des lois de bioéthique, il sera difficile de revenir sur la recherche sur les cellules souches d'embryons humains. Il persiste à dire qu'il ne faut pas négliger le potentiel des cellules souches adultes et de sang de cordon et regrette qu'il n'y ait pas plus de moyens consacrés à la recherche sur les cellules souches adultes.

* médecin, ancien sénateur, actuel président de l'Institut Curie, membre du Comité International de Bioéthique de l'Unesco (le CIB).
082
12/12/2005 - 17:44
Sophie B.
(Maia)
Je voulais vous signaler que le Conseil de l'Europe se réunit le 16 décembre à Paris pour statuer sur le rapport remis par le britannique P. Hanckok concernant la légalisation de la gestation pour autrui en Europe.
081
28/10/2005 - 19:13
L. C.
(Maia)
La Mission d'Information Parlementaire chargée de réfléchir à la question de la gestation pour autrui doit organiser une Table Ronde sur le sujet le 9 novembre prochain. MAIA sera d'ailleurs auditionnée à cette occasion.
080
28/10/2005 - 19:11
Sonia Bertrand
(Maia)
Je voulais pousser un "coup de g..." contre les articles que l'on lit ici et là en ce moment dans la presse au sujet des mères porteuses... Marre de lire qu'un enfant, né d'une mère infertile, qui a fait appel à l'une de ses soeurs pour avoir son enfant et à une autre pour porter son enfant avait "3 mères"...Non, cet enfant n'a pas "trois mères" mais une seule, et deux tantes très gentilles et très altruistes qui ont aidé sa maman, voilà tout !
079
25/10/2005 - 17:58
E. R.
(ext)
Suite aux tentatives américaines de produire des cellules souches embryonnaires "éthiques" sur des souris (cf. revue de presse GènEthique du 18/10/2005), les scientifiques français réagissent.

Pour Jacques Hatzfeld, directeur du laboratoire de biologie des cellules souches au CNRS : «Il n'y a rien d'extraordinaire à réussir à faire une lignée de cellules souches à partir d'un diagnostic pré-implantatoire.» Mais il pense que passer des souris à l'homme n'est pas possible pour des raisons éthiques. «Je serais parent, je n'accepterais pas qu'on prélève quelque chose sur un embryon qu'on va ensuite implanter». Car l'innocuité du diagnostic pré-implantatoire est en effet loin d'être prouvée, signale le Figaro.

Quant à la technique qui consiste à créer un embryon de clone de souris incapable de s'implanter dans l'utérus : «C'est un joli tour de passe-passe», estime Jacqueline Mandelbaum, médecin membre du Comité national d'éthique pour les sciences. «Mais non seulement ces chercheurs utilisent quand même un embryon et en plus cette méthode fait appel à un virus, ce qui permet de douter de la qualité des cellules souches produites.»
078
24/10/2005 - 12:26
Claire Spm
(MP1992)
Le 19 octobre, l’UNESCO a adopté sa « Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme » de juin 2005. Bien que moins ambitieuse que prévue (au départ il s’agissait de normaliser universellement la bioéthique), cette déclaration pose des principes de base, des lignes de conduite, qui serviront surtout aux États n’ayant pas encore de réglementation en la matière.

L’article 3 « Dignité humaine et droits de l’homme » stipule ainsi que : « La dignité humaine, les droits de l’homme et les libertés fondamentales doivent être pleinement respectés. Les intérêts et le bien-être de l’individu devraient l’emporter sur le seul intérêt de la science ou de la société. »

L’UNESCO met aussi en avant le principe du « consentement éclairé » :

« Toute intervention médicale de caractère préventif, diagnostique ou thérapeutique ne doit être mise en oeuvre qu’avec le consentement préalable, libre et éclairé de la personne concernée, fondé sur des informations suffisantes. » « Des recherches scientifiques ne devraient être menées qu’avec le consentement préalable, libre, exprès et éclairé de la personne concernée. »

La déclaration demande le respect de la vie privée, réaffirme le principe d’égalité et de non discrimination lors des traitements scientifiques, et affirme comme « droit fondamental de tout être humain » celui de « jouir du meilleur état de santé qu'il soit capable d'atteindre ».

L’UNESCO évoque aussi la nécessité de respecter les cultures différentes, la solidarité entre êtres humains, et la protection de l’environnement, de la biosphère et des autres formes de vie.

Cette déclaration, très critiquée à cause de son caractère flou et peu contraignant, comblerait néanmoins, malgré ses imperfections, un vide pour certains États dépourvus de lois bioéthiques.
077
24/10/2005 - 12:23
S. S.
(MP1992)
Le magazine Nature rapporte dans son édition du 17 octobre les travaux de deux équipes de chercheurs américains sur les cellules souches embryonnaires. Celles-ci tentent de trouver des alternatives pour rendre, selon eux, leurs travaux plus acceptables éthiquement, afin d'obtenir des financements fédéraux, interdits depuis 2001 pour la recherche sur ce type de cellules.

L'équipe du Pr Lanza, de la société Advanced Cell Technology, a réussi à produire une lignée de cellules souches embryonnaires de souris, à partir d'un embryon, sans détruire ce dernier (avec la même technique que celle du diagnostique pré-implantatoire).

Une deuxième équipe, au Withehead Institute de Boston, a créé un embryon cloné de souris avec un ADN altéré pour qu'il ne puisse pas s'implanter dans l'utérus. En empêchant de cette façon la nidification de l'embryon, l'équipe prétend qu'il "perd ainsi son statut d'être vivant en devenir", et devient donc utilisable pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Les deux équipes pensent pouvoir passer du modèle de la souris à l'homme.

Les efforts de ces chercheurs pour trouver des solutions éthiques inquiètent le professeur Arthur Caplan, directeur du Centre de bioéthique de l'université de Pennsylvanie, car ils prouvent par là même qu'il y a bien des difficultés éthiques à travailler avec les embryons et fournissent ainsi des arguments à leurs opposants.

D'ailleurs tous les chercheurs ne sont pas convaincus que cela apaise les tensions avec les opposants à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. "Je ne vois pas comment cela peut résoudre les problèmes éthiques", s'étonne Stephen Minger, chercheur anglais sur les cellules souches, "les opposants sont contre tout le processus de la médecine de la reproduction, et ne se satisferont pas d'embryons non viables", explique-t-il.
076
24/10/2005 - 12:17
C. S.
(MP1992)
Réponse au message 73 (suite)
En relisant votre message, j'oubliais de vous dire que depuis la souris, il y a eu d'autres animaux clonés, comme la Brebis Dolly, et plus récemment le chien Coréen, dont je ne me souviens plus le prénon...Pour le moment, aucun être humain, Dieu merci, mais cela reste techniquement possible, même si c'est interdit par (presque) tous les pays dans le monde! et ce n'est pas moi qui ferai de la Pub pour la secte qui a déclaré il y a deux ans avoir créé le premier bébé cloné pour ensuite de rétracter manque de preuves (au passage, il s'est fait de la pub car toutes les télés et toutes les radios du monde se sont engouffrés là-dedans comme un seul homme, si j'ose dire!).
075
24/10/2005 - 12:13
C. S.
(MP1992)
Réponse au message 73
Vous confondez, apparemment, deux choses : l'une relève du clonage, l'autre de "l'ectogénèse".
En effet, le "clonage" (humain ou animal) consiste à prélever le "noyau" du patrimoine génétique (autrement dit l'ADN) sur l'être vivant et le transplanter dans un ovocyte provenant d'un autre être vivant (une femelle, forcément!) et d'implanter le tout dans un utérus accueillant qui peut être celui d'une tierce femelle (d'où la raccourci qui consiste à dire que deux femmes pourront "procréer " mais en fait ce n'est pas vrai car le "résultat" sera identique à l'être qui aura donné son patrimoine génétique et non pas à la "receveuse")....Cela dit,il est vrai que dans le cas du clonage, cela se passe de sperme puisque (en quelque sorte) le patrimoine génétique transféré est déjà "complet" ! voici ce que l'on appelle la parténogénèse" ..mais il faut bien le dire, pour que ça marche, il faut "gaspiller" environ un millier d'ovocytes ainsi transférés, et donc cela demande beaucoup de "matière première" humaine , si j'ose m'exprimer ainsi (ce dont on manque, ou on manquera très rapidement, quoiqu'en disent les chercheurs!!) -

Quant à ce qu'on appelle "l'ectogénèse" il s'agit d'autre chose car dans ce cas, quel que soit l'origine du patrimoine génétique, l'embryon créé sera implanté dans un utérus artificiel, en dehors de l'être vivant, donc, et ça...... ce n'est pas pour demaine la veille ! Seules quelques recherches commencent à voir le jour, et ça ne donne rien pour le moment (lire le très bon livre d'ATLAN à ce sujet )
074
24/10/2005 - 11:59
C. S.
(MP1992)
Nous vous annoncçons la sortie du livre "Ethique, justice et médecine", qui a été écrit sous la direction d'Emmanuel Hirsch, directeur de l'Espace éthique/AP-HP et Jean-Claude Magendie, président du Tribunal de grande instance de Paris. Il est le premier tome des Rencontres aux TGI. Il paraîtra le 8 novembre 2005, dans la collection Espace éthique/Vuibert.

Ce livre propose des réflexions éthiques sur l'interaction entre le monde médical et les lois. Les dossiers traités se rapportent à différents thèmes centraux pour le monde hospitalier : respect de la vie privée et du secret ; aide à la décision auprès des patients et de leur famille ; médecine, justice et médias ; le pouvoir des médecins.

Le dossier 6 "Face à la demande de la mort" est particulièrement d'actualité, notamment les chapitres : "Respect et dignité", "Alors docteur, vous le tuez quand ?", "La vérité qui tue", "L'état du droit français en matière de demande de mort", "Faire disparaître la souffrance, pas le souffrant", "La relation d'aide à celui qui va mourir"...

Le dossier 9 aborde aussi des problèmes éthiques délicats, notamment dans le chapitre "Procréation artificielle et projet parental". Y sont traités des thèmes tels que : "La maternité de substitution", "l'insémination avec donneur", "La dissolution du couple et ses conséquences sur l'avenir d'embryons cryopréservés".

Bonne lecture, amis panglossiens et maïens !
073
12/10/2005 - 18:12
I. A.
(ext)
Création d’embryons humains sans l’aide de sperme.
Nous savons que des embryons humains parthenogénotes ne vont jamais au-delà du stade blastocyste précoce. Mais alors, je me pose une question sur la naissance de la souris kaguya en avril 2003: c'est une erreur ? une exception à la règle ?
Car, dans ce cas de figure la barrière de l'empreinte parentale a bien été levée ! Et d'aussi loin que je me souvienne, avant la naissance de Kaguya, on en était qu'au stade de manipulation sur l'embryon (certes, le taux de réussite était tellement minime).

Alors, à l'allure ou la science avance, pourquoi un tel cas de figure ne se produirait pas chez la femme ? La naissance d'une "kaguya fille" est telle plausible ? Il ya eu déja de nombreuses spéculations à ce sujet: par ex, cet article: "lesbian couple could have own baby". Info ou intox? Une telle abération peut-elle voir le jour ?
J'attends de votre part une réponse qui se veut scientifique. Merci de bien vouloir méclairer à ce sujet.
072
29/09/2005 - 15:37
M. S.
(MP1992)
Le 20 septembre dernier, 73 députés européens ont écrit au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour demander que l'Union européenne cesse de financer des recherches sur les embryons humains, travaux qui sont illégaux dans plusieurs États membres.

Ces eurodéputés s'appuyaient sur la résolution relative "au commerce d'ovules humains" du 10 mars 2005 formulée par le Parlement qui invitait la Commission à retirer tout soutien et tout financement au clonage thérapeutique et à la recherche sur l'embryon.

Or la Commission rappelle que le 7ème programme de recherche exclut le clonage à visée thérapeutique et que concernant la recherche sur les cellules embryonnaires elle n'a pas prévu d'interdire leur financement puisque la résolution du Parlement est juridiquement non contraignante. Elle estime qu'elle trouvera auprès du Conseil et du Parlement européen la majorité nécessaire pour adopter son 7ème programme. La Commission insiste aussi sur la surveillance dont font l'objet les recherches de ce type. Quatre projets impliquant des recherches sur les cellules souches embryonnaires ont été soumis aux 25 États membres.Trois ont été adoptés à l'unanimité et le 4ème n'a été rejeté que par l'Autriche alors que la législation de 2 autres pays, la Lituanie et la Pologne interdit ce type de recherche.
071
29/09/2005 - 11:23
M. S.
(MP1992)
Contrairement aux annonces optimistes et retentissantes qui tablaient sur un marché de 10 milliards de dollars en 2010, le potentiel commercial de la recherche sur les cellules souches ne devrait atteindre que 100 millions de dollars à cette date, et 2 milliards seulement en 2015, révèle le journal financier américain The Economist.

Les consultants de la société Bain & Company expliquent que sur les 140 produits issus de cellules souches actuellement en développement, presque tous sont loin d'atteindre la phase des essais cliniques. Et que, suite aux problèmes éthiques posés par l’utilisation d’embryons humains, le gouvernement fédéral aux Etats-Unis a imposé des restrictions qui freinent le développement des recherches.

Les investisseurs soutiennent donc mollement la recherche sur les cellules souches et se tournent vers des placements plus sûrs, concernant un marché plus large et avec des règles mieux définis.
070
19/09/2005 - 23:32
Camborieux Laure
(maia)
Voilà une dépêche de l'AFP relatant une interview de l'AFP à la suite du rapport déposé le 16 septembre dernier par le Conseil de l'Europe sur le sujet.

Mères porteuses: "il faut une législation encadrée de la gestation pour autrui"

L'association Maia milite depuis 2001 pour la "légalisation encadrée" de la "Gestation pour autrui" (GPA), autrement dit des mères porteuses, interdite par les lois bioéthiques de 1994.
Sa présidente, Laure Camborieux, explique à l'AFP pourquoi elle demande une révision de la loi.

Q/ : Quelles sont les raisons pour lesquelles vous demandez la légalisation de la "Gestation pour autrui"?
R/ : "Elles sont avant tout d'ordre médical, pour des femmes sans utérus, celles qui ont subi en vain des transferts d'embryon, celles qui présentent des risques élevés en cas de grossesse, celles qui ont eu un cancer. Pour ces cas médicaux indiscutables, la GPA est parfois la seule solution pour avoir un enfant.
Ensuite il y a l'aspect éthique. Ce débat a eu lieu dans plusieurs pays et en définitive aucun argument éthique solide contre la GPA n'a été mis en avant. Des pays ont trouvé des réponses intéressantes aux problèmes qui se posaient et ont mis en place des législations adaptées.
Dans le cas des homosexuels, la problématique est différente.
Est-ce qu'il faut absolument un père et une mère pour élever un enfant. Nous n'avons pas eu le temps de nous pencher sur cette question".

Q/ : Êtes-vous favorables à une rétribution des mères porteuses ?
R/ : "Ce qui n'est pas souhaitable, c'est ce qui se passe aux Etats-Unis où s'est développé un véritable marché. Mais nous trouvons normal d'offrir une compensation au même titre que celle proposée aux volontaires sains dans le cadre de la recherche médicale. Ceci afin que l'aspect financier ne soit pas la principale motivation.
Il s'agirait d'une reconnaissance de service et non pas du paiement d'un enfant. Cela ne paie jamais la dette des parents, qui est énorme, mais ils sont un peu plus à égalité".

Q/ : Que faire face au nombre croissant d'offres clandestines de mères porteuses en France, notamment sur Internet ?
R/ : "Nous sommes inquiets de ces pratiques qui se sont développées avec internet et c'est pourquoi nous demandons une révision des lois de 1994 pour éviter ce genre de dérives.

Sur les sites, les couples sont souvent naïfs. Ils n'hésitent pas à donner de l'argent ou à croire à des propositions qui ne se concrétiseront jamais. C'est pourquoi nous militons pour une législation encadrée de la GPA."

AFP, 16 septembre 2005 - 11h36
069
12/09/2005 - 16:44
Doc Menzies
(ext)
Réponse à N°68

En effet, ça veut dire que les enfants auront (a minima) le droit d'avoir accès à leur histoire,celle de leur origine (pas forcément au nom des donneurs ou donneuses de gamètes, mais à leurs caractéristiques principales, par exemple) -Cela signifie aussi que le don sera plus développé car l'une des raisons du manque de donneuses d'ovocytes c'est l'anonymat imposé par la loi -.
068
08/09/2005 - 10:46
Eric Dubois
(Alliance et Fécondité)
Question à Doc N°66

Que voulez-vous dire par "remise en question de l'anonymat" ?
* Cela veut-il dire que les enfants issus de dons de gamètes pourront savoir à leur majorité le nom de leur mère et/ou de leur père "biologique", s'ils sont issus d'un don d'ovule ou de sperme ?
* Cela veut-il dire que les couples pourront venir avec leur donneur/donneuse ?
* Cela veut-il dire que les couples pourront rencontrer les donneurs potentiels ?
* Cela veut-il dire que, après le don, on pourra avoir des renseignements sur le donneur ou la donneuse ?
067
08/09/2005 - 10:05
Eric Dubois
(Alliance et Fécondité)
Réponse à N°65

Oui c'est normal que le Vatican s'exprime sur la fécondation artificielle.
Beaucoup de gens croient que la religion ne doit parler que de sujets spirituels. Mais on n'est pas chrétien que pour aller à la messe ou prier chez soi. On est chrétien à chaque minute de sa vie, et particulièrement dans les choix fondamentaux de la vie, d'autant plus quand il s'agit de produire des êtres humains artificiellement.

En 1987 le Vatican avait publié "Donum Vitae", un document qui appelle les couples infertiles à ne pas recourir aux PMA, car un enfant doit être issu des relations d'amour de ses parents, et non produit en laboratoire (pour résumer rapidement). C'est un document dérangeant, surtout pour les couples qui souffrent de ne pas avoir d'enfant, dont nous sommes. Mais c'est un document qui appelle à réfléchir sur l'être humain, le couple, la famille, et enrichit notre réflexion.

Oui, c'est normal que l'Eglise se prononce sur tout ce qui concerne la vie, que ce soit la conception des enfants, l'euthanasie, ou la dignité des personnes handicapées. L'homme a été créé à l'image de Dieu enseignent les religions du Livre. Et toucher à l'homme c'est toucher à Dieu.
066
18/08/2005 - 13:34
Doc Menzies
(ext)
Je voudrais relancer le débat sur l'anonymat du don de gamètes. Il ya aujourd'hui une remise en question de l'anonymat par de nombreux professionnels, et je voudrais savoir ce que vous en pensez, ce Forum me paraissant un lieu d'échanges fort intéressant. Merci
065
13/06/2005 - 14:31
Slava S.
(maia)
Le pape Benoît XVI a apporté lundi 30 mai son soutien aux évêques italiens engagés dans une campagne pour l'abstention au référendum du 12 juin sur la procréation assistée.

Les évêques italiens, au nom du respect de la vie de la conception à la mort naturelle, appellent les électeurs de la péninsule à s'abstenir au référendum d'initiative populaire des 12 juin et 13 juin visant à abroger une loi extrêmement restrictive sur la procréation assistée.
Cette loi, qui empêche notamment les couples stériles de recourir au don d'embryon, est jugée comme un moindre mal par l'Eglise.
Pour que le résultat du référendum soit validé, il faut que la participation atteigne 50% plus une voix. La nouvelle législation, accusée de "faire le bon vouloir de la hiérarchie vaticane" par ses détracteurs, a déclenché un débat de société en Italie, notamment parce qu'elle interdit tout diagnostic pré-implantatoire, c'est-à-dire la possibilité pour les couples souffrant de maladie héréditaire de choisir parmi les embryons fécondés in vitro celui ou ceux qui sont indemnes de cette maladie.
La loi reconnaît en outre le statut juridique de l'embryon et limite la recherche scientifique dans ce domaine.

Trouve-t-on normal que la Vatican s'exprime sur ce thème, faisant ainsi (probablement) échouer le Référendum qui comme on la' v récemment en France (sur un autre sujet) permet à la démocratie de fonctionner ?¨Pour ma part, oui, bien sûr, que chacun donne son avis me paraît normal, mais l'exhortation à l'abstention (abstinence ?)me paraît un acte politique indigne de cette Institution qu'est l'Eglise, qui confond éthique et morale... Cela me choque profondément !
064
18/05/2005 - 18:30
Cat Clara
(maia)
GENETHIQUE - 17/05/2005 (http://www.genethique.org/fr/frames/GetPage.asp?page=revues/revues.htm)

Pour une reconnaissance légale du foetus de plus de 14 semaines

L'association Clara se bat depuis janvier 2002 pour que les enfants nés morts après 14 semaines d'aménorrhée, soient reconnus légalement, et non plus considérés comme des déchets hospitaliers).

Depuis 2001, les enfants nés morts à plus de 22 semaines d'aménorrhée peuvent être inscrits au registre d'état civil, et depuis 2002 sur le livret de famille.
Depuis 2003, cinq familles de l'association demandent la reconnaissance de leur enfant né sans vie entre 16 et 21 semaines. Le tribunal de grande instance d'Avignon a considéré que cette demande était incompatible avec les dispositions sur l'avortement, et leur demande a été rejetée. Le tribunal s'inquiète aussi de la dépense générée pour l'Etat, car "cela entraînerait une majoration de la pension de retraite des parents."

Les membres de l'association ne souhaitent pas relancer le débat sur l'interruption volontaire de grossesse. C'est pour cette raison que leur revendication ne s'étend pas aux foetus de moins de 14 semaines d'aménorrhée, délai légal de l'IVG. Ils souhaitent que leur souffrance soit reconnue, et pouvoir récupérer le corps de leur enfant, afin de l'incinérer ou de l'enterrer dignement. L'association s'est tournée vers la cour d'appel de Nîmes, qui doit se prononcer aujourd'hui. Si les parents n'obtiennent pas gain de cause, ils sont prêts à se pourvoir en cassation.

Les articles présentés sont une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
La Croix 17/05/05
063
18/05/2005 - 18:24
Clara Cat
(ext)
voir cet article publié sur le site : http://www.orpha.net/actor/Orphanews/2005/050517.html#766

De nombreux espoirs sont fondés sur l’utilisation des cellules souches embryonnaires pour le traitement de certaines maladies. Cependant, on sait depuis longtemps que ces cellules peuvent engendrer des cancers (tératomes) après injection dans l’organisme. Deux études récentes (Burns et coll., Rubio et coll.), publiées dans Cancer Research, montrent que les cellules adultes peuvent aussi dégénérer en cellules cancéreuses après transplantation si, au préalable, elles ont été cultivées trop longtemps in vitro. Il apparaît donc nécessaire de mener des recherches pour déterminer une durée limite de croissance in vitro des cellules souches destinées à un usage thérapeutique.

7ème programme-cadre pour la recherche : pas d’augmentation du financement des recherches sur les cellules souches embryonnaire

Le montant des fonds destinés à soutenir des recherches sur les cellules souches embryonnaires humaines dans le cadre du 7ème programme-cadre de recherche européen (FP7 : 2007-2013) sera équivalent à celui du 6ème programme-cadre (FP6 : 2002-2006). Telle est la décision annoncée par le Commissaire Européen pour la science et la recherche, Janez Potocnik, alors que les fonds engagés pour l’ensemble de la recherche ont doublé entre le FP6 et le FP7 (67,8 milliards d’euros). Actuellement, 25 projets de recherches sur les cellules souches, dont deux sur les cellules souches embryonnaires, sont financés par le FP6. Ils ont tous été approuvé au cas par cas, la priorité ayant été donnée aux travaux sur les cellules souches adultes. A l’origine, le financement des recherches sur les cellules souches n’était pas prioritaire, car deux pays seulement (la Grande-Bretagne et la Suède) autorisaient ces travaux. Aujourd’hui, plus d’une douzaine des 25 pays membres de l’Union permettent des recherches sur les cellules souches embryonnaires. Mais les restrictions encore imposées par plusieurs grandes nations (Allemagne, Italie, Autriche, Portugal, Espagne, Irlande et Luxembourg) limitent le montant des fonds – issus de la contribution de l’ensemble des pays membres- attribuables au financement de ce type de travaux.

L’Académie des Sciences américaine publie des recommandations sur les cellules souches

L’Académie des Sciences américaine a récemment proposé un guide éthique national pour régir la recherche impliquant les cellules souches embryonnaires (CSE) humaines. Il contient plus d’une cinquantaine de recommandations relatives à la collecte des gamètes et des cellules somatiques, au consentement et à l’information des donneurs, aux types de manipulations autorisées. L’Académie recommande également la création de comités de surveillance (ESCRO : Embryonic Stem Cell Research Oversight comittees) dans toutes les institutions menant des recherches sur les CSE humaines. De telles structures existent déjà en Australie, au Canada et en Grande-Bretagne, à l’échelle nationale. Composés de scientifiques, de spécialistes de l’éthique, de juristes et de représentants de la population, les comités ESCRO devront s’assurer que les nouvelles recommandations sont effectivement respectées. Ils devront notamment examiner les projets de recherche impliquant des cellules souches issus de blastocytes surnuméraires ou créées par transfert nucléaire. Les règles proposées interdisent les transplantations de CSE animales dans des blastocytes humains, et stipulent que toute injection de CSE humaines chez l’animal nécessite l’approbation par un comité ESCRO. Les auteurs du rapport souhaitent que soit rapidement formée une entité nationale indépendante chargée de revoir périodiquement les recommandations, à la lumière des avancées de la science des cellules souches et des évolutions de l’opinion publique. Le comité de l’Académie des Sciences espère que ses propositions seront acceptées par les secteurs publics et privés, et influenceront les débats sur le sujet au Congrès.
062
10/05/2005 - 16:07
Dominique Menzies
(maia)
Nous découvrons aujourd'hui, alors que la recherche sur les embryons est autorisée depuis la nouvelle loi de bioéthique votée en août 2004, que les cellules-souches sensées révolutionner la médecine n'ont pas l'impact espéré et donc que les chercheurs (certains chercheurs et certains laboratoires) avaient mis la charrue avant les boeufs en criant au miracle thérapeuthique de ces fameuses "cellules souches" sensées apporter des remèdes à tous les maux. Outre le fait que c'est de la supercherie scientifique, les patients qui , eux, y ont cru, se retrouvent encore une fois bernés.... Tout cela est-il bien éthique ? N'aurait-on pas mieux fait, comme beaucoup d'autres pays l'ont fait, de continuer à interdire la recherche sur les embryons et de les réserver aux couples infertiles et non à la science, qui une fois encore, a montré ses limites ?
061
01/04/2005 - 15:29
Dominique Menziès
(Maia)
Voilà un article écrit par l'un de nos membres en réponse à un article paru dans l'Express, sur la notion de paternité -

J'ai été surpris par l'article de votre confrère Henri Haget, "Filiation à la française" publié dans l'Express du 21 février. Le sujet est fort bien traité, mais la conclusion fort optimiste, me laisse un goût fort amer en regard de notre réalité ou celle des couples adoptants. C'est pourquoi je sollicite votre aide et votre avis pour faire passer cette intervention dans le courrier des lecteurs.

L'article d'Henri Haget, "Filiation à la française" publié dans l'express du 21 février a retenu toute mon attention. Les réflexions sur la filiation ou la connaissance des origines deviennent des questions de société d'importance croissante, notamment du fait de la montée des problèmes d'infertilité et des possibilités grandissantes des techniques médicales. Et je souscris pleinement au sens de l'article qui met en lumière le fait que les réponses sociétales à ces questionnements doivent respecter sinon renforcer l'intérêt de l'enfant, c'est à dire le droit inaliénable à faire partie d'une famille, et cela sans discrimination relative à ses conditions de naissance (cf les avancées du droit Européen ou des différentes conventions mondiales). Néanmoins, j'ai été surpris par la conclusion qui me semble fort optimiste, notamment au regard des nombreux articles de qualité parus dans l'Express sur l'adoption ou la gestion pour autrui. En effet, il est certes vrai que le droit français, romain ou napoléonien, privilégiait le lien familial social, au nom du respect des institutions, quitte à fermer les yeux sur certaines réalités génétiques ou gestationnelles. Mais ce concept de "la paix des familles" (qui correspond bien à la phrase de Jean Hauser citée dans l'article, "le simple fait de se comporter en parents fait de vous des parents") est attaqué en France depuis la fin du siècle dernier au motif revendiqué de la transparence. Ou plutôt par la mise en avant du biologique. La "vrai" mère devient celle qui accouche et le "vrai" père celui qui transmet son patrimoine génétique. Ainsi, n'est-il pas dogmatique ou réducteur de parler du droit à connaître ses origines? Faut-il limiter la construction de l'individu à ses conditions de naissance, en minorant l'importance du lien social familial? Faut-il réduire le patrimoine familial à un patrimoine génétique? En continuant dans cette voie, ne risque-t-on pas de créer une sous catégorie d'enfants à la filiation officielle au rabais lorsque toutes les conditions biologiques ne sont pas réunies? Ne risque-t-on pas de rendre plus difficile la vie des adoptants et des adoptés? Ne serait-il pas plus pertinent de parler du droit de l'enfant à connaître son histoire personnelle? En toute transparence, sans l'opposer au lien social familial? Monsieur, Haget, j'aimerais partager votre optimisme sur la situation française actuelle. Espérons que votre appréciation est visionnaire et préfigure les conclusions de la mission parlementaire d'information sur la famille !
060
14/03/2005 - 17:50
C. C.
(ext)
Reponse à question n° 59
C'est plus compliqué que cela. En fait, la deuxième femme a obtenu ce que l'on appelle "l'autorité parentale" et a le droit de représenter l'enfant ..S'il y a "divorce" (ou plutôt fin du PACS en l'occurrence!) en effet elle a le droit de "garde" ou de "visite" et si sa compagne décède, elle pourra demander également d'exercer cette autorité parentale.
059
14/03/2005 - 16:51
Eric Dubois
(AAEF)
Question à N° 52 :
Cela veut-il dire qu'en cas de séparation, chacune des deux femmes peut demander la garde des enfants ? C'est-à-dire que la mère qui a porté l'enfant n'a pas plus de droit que sa partenaire ?
058
22/02/2005 - 15:16
Laure Camborieux
(maia)
Je voulais vous signaler l'existence d'un COLLOQUE organisé par l'UNESCO à Paris sur "La Bioéthique et le Droit International" les 25 et 26 février ... Vous pourrez utilement vous y rendre et faire un compte-rendu sur notre Forum si vous êtes intéressés ! C'est à ma connaissance une occasion unique de discuter d'un droit international dans ce domaine si difficile !
http://www.genethique.org/fr/frames/GetPage.asp?page=agenda/agenda.htm
057
08/02/2005 - 14:39
L. C.
(maia)
Prenant le relais des questions de bioéthique, étroitement liées avec celle de la Famille, une Mission Parlementaire vient d'être nommée, avec comme rapporteur Mme Valérie Pécresse, chargée de réfléchir sur "les évolutions de la famille et les droits des enfants", comprenant les questions comme l'adoption et la gestation pour autrui... Nous espérons beaucoup de cette Mission, qui comme nous l'espérons, aboutira rapidement.
056
08/02/2005 - 14:39
L. C.
(maia)
Prenant le relais des questions de bioéthique, étroitement liées avec celle de la Famille, une Mission Parlementaire vient d'être nommée, avec comme rapporteur Mme Valérie Pécresse, chargée de réfléchir sur "les évolutions de la famille et les droits des enfants", comprenant les questions comme l'adoption et la gestation pour autrui... Nous espérons beaucoup de cette Mission, qui comme nous l'espérons, aboutira rapidement.
055
03/01/2005 - 17:48
Clara C.
(MP1992)
BONNE ANNEE A TOUTES ET A TOUS PANGLOSSIENS ET MAIENS ....
NOUS AVONS DEPASSE LES 2000 VISITES DEPUIS L'OUVERTURE DU SITE CE QUI EST UNE BONNE PERFORMANCE ET PROUVE QUE LE SUJET INTERESSE BEAUCOUP !
054
10/11/2004 - 17:07
Laure Camborieux
(maia)
Voilà un autre article paru dans le Monde du 22 octobre, écrit par Jean-Yves Nau. Comme quoi la question de la gestation pour autrui soulève maintenant bien des interrogations ! En tous cas nous sommes très heureux que le débat soit enfin lancé en France..Nous serons auditionnés par le Conseil de l'Europe ce lundi 15 novembre sur cette question.
053
15/10/2004 - 12:30
Laure Camborieux
(maia)
Pour la première fois cette semaine, un couple a réussi à obtenir un "non-lieu" à la suite d'un cas de recours à une gestation pour autrui à l'étranger... Ceci signifie que la France considère désormais que s'il est illicte d'y recourir en France, le fait d'y avoir recours à l'étranger ne constitue pas un délit. ..(voir l'article paru dans "Le Monde").
052
24/09/2004 - 10:36
Sy Sm
(MP1992)
Depuis hier,pour la première fois en France, un Tribunal a reconnu l'autorité parentale à deux femmes homosexuelles..C'est une grande avancée en matière de bioéthique (les enfants sont nés par insémination artificielle) car pour la première fois (en dehors du cas particuleir de l'adoption), est contredit l'adage "la mère, c'est celle qui accouche"..Car on ne peut imaginer que ce soit le statut de "père" qui est donné à l'autre femme, simplement celui de "parent".... A suivre
051
30/08/2004 - 11:52
L. C.
(maia)
Je vous informe que MAIA vient de sortir son numéro 3 de "La Gazette de Maia" consacré à ces questions. Vous pouvez la consulter sur le site de MAIA (lien en tête de ce forum).050
048
06/01/2004 - 17:56
S. P-M.
(MP1992)
Finalement, le texte de loi sur la bioéthique a été voté les 9 et 10 décembre 2003, sans aucune des modifications demandées par les couples infertiles ... Cela veut dire que le combat n'est pas terminé, et qu'il faudra espérer de nouvelles révisions pour se faire entendre ... cela veut dire aussi que plus que jamais le débat est ouvert, et qu'il faudra encore de nombreuses années avant que les choses évoluent, les mentalités mais aussi le droit , qui semble en l'espèce particulièrement en retrait et loin en tous cas de la situation de nos voisins européens ... Il reste donc encore beaucoup de chemin à parcourir, et nous espérons que le Club sera l'un des promoteurs de ces avancées ...Vous pouvez trouver le texte de la loi sur le site de l'Assemblée Nationale..
047
28/11/2003 - 09:12
D. M.
(ext)
Le vote cette nuit d'un amendement instituant l'Interruption Involontaire de Grossesse, premettant à une femme qui a perdu son bébé suite à un accident, une négligence, une violence, ... de demander réparation du préjudice, relance le débat sur le statut de l'embryon et du foetus, et (selon certains lobbies féministes) sur l'avortement.. Pour ce qui nous concerne, nous pensons que cette mesure (que n'avaient pas eu le courage de prendre les réviseurs de la loi bioéthique) est positive, va dans lanale bon sens, car de nombreux pays dans le monde ont statué dans ce sens (Canada, USA..) conférant ainsi au foetus un statut de personne ...
046
25/11/2003 - 16:43
S. M.
(MP1992)
Depuis la fameuse intervention de Jacques Chirac à l'Unesco, nous lui avons écrit une "Lettre Ouverte" (voir cette lettre sur le site de Maia) afin que soient prises en compte nos préoccupations et points de vue. Sa réponse a été fort sympathique, et nous a beaucoup touchés.. Mais nous attendons des mesures concrètes ... cela urge, la loi devant passer au Parlement à la mi-décembre, mais avec peu de modifications par rapport au projet initial semble-t-il pour le moment!
045
15/10/2003 - 11:10
S. P-M.
(MP1992)
Discours du président J. Chirac à l'UNESCO le 14 octobre 2003 pour l'adoption de conventions internationales sur la diversité culturelle et la bioéthique
044
02/10/2003 - 16:05
Sy Spm
(MP1992)
Réponse au message 43
Bien entendu nous fournirons (en ligne) les Actes du Colloque dès que ceux -ci auront été publiés... En attendant, je te propose de lire notre contribution au Colloque, afin que celle-ci figure dans les Actes .. Je suis d'accord avec toi que certains patients ne sont pas "raisonnables" mais encore faudrait-il qu'on leur explique les choses et non pas qu'on les fasse fantasmer sur des pseudo-remèdes dont on sait qu'ils n'existent aps (par exemple faire croire à un couple qu'en multipliant les FIV il va parvenir à un résultat positif, alors que l'on sait très bien que dans de nombreux cas il n'y a pas d'autre solution que le don de gamètes ou la gestation pour autrui ... C'est bien cette hypocrisie (qui coûte cher à la Sécurité Sociale et donc à la société) que nous dénonçons, et le manque d'informations ... Quant au renoncement, nous ne sommes pas d'accord là dessus car nous pensons que tout problème d'infertilité DOIT avoir sa solution, y compris celle de l'adoption (il suffirait pour cela d'assouplir les règles) que nous ne rejetons pas, contrairement à ce que l'on veut nous faire dire parfois ...
043
01/10/2003 - 15:22
Eric Dubois
(AEF)
Réponse au message 42
SPM, merci de ce petit compte rendu de ce Colloque auquel nous aurions bien voulu assister. Mais les places étaient trop chères ! Peut-être que dans 2 ans notre association aura suffisamment de sous. Ce qui n'était pas le cas cette année.
Je sais que Laure et toi pensez que les couples ne demandent pas un droit à l'enfant. Mais ce n'est pas le sentiment que j'ai à l'écoute des autres couples. Certains ne supportent pas de ne pas avoir d'enfant, et sont prêts à tout pour en avoir.
La société n'est pas porteuse dans ce domaine, quand on voit toutes les publicités autour du thème "Faites des enfants". On n'aide pas le couple à assumer son infertilité et à accepter de ne pas avoir d'enfant, d'avoir une autre fécondité.
C'est vrai que l'AMP coûte des sous à la Sécu, d'autant plus que les médecins passent tout de suite à la FIV, sans passer par l'IA, le plus souvent. Dans les hôpitaux, il faudrait des psychologues, non pas pour déculpabiliser les couples par rapport à la FIV et surtout par rapport au don de gamètes, mais pour les aider à se prendre en charge, à assumer leur stérilité, et les aider à aller de l'avant, à trouver leur fécondité en dehors de l'enfant. Cela éviterait l'acharnement procréatif, qui fait du mal aux couples, et coûte cher à la Sécu.
Je suis preneur des actes du colloque. Comment peut-on se les procurer ? A quel prix ?
042
22/09/2003 - 13:55
S. P.
(MP1992)
Laure et moi revenons d'un Colloque organisé du 16 au 18 septembre à Marseille avec le concours de Mattei (une première, qui sera suivie d'autres colloques du même thème tous les deux ans) sur "La bioéthique et le Droit "... Fort intéressant, qui regroupait non seulement des médecins, juristes et avocats mais aussi beaucoup de philosophes, religieux (notamment avec la tenue d'un excellent atelier sur "les lois bioéthiques et la religion") et des sommités de tous bords. On déplore tout de même un peu le manque de personnalités du monde "civil" autrement dit, le manque de non-spécialistes de bioéthiques, d'associations comme les nôtres (nous n'étions que quelques unes, dont l'association des Maladies Orpheline".. Et encore une fois on a dû déplorer le manque de débat "citoyen", c'est-à-dire qu'en dehors des "spécialistes de bioéthique" (dont on a le sentiement que c'est un cercle très fermé) il n'y avait pas de représentants de la "société civile ".. De plus, nous avons déploré que sans arrêt, on fasse culpabiliser les couples infertiles, en arguant de leur "impatience", du coût de l'AMP, et des exigences de ces couples, qui (selon le représentant du ministre, M. Thibault, et la défenseur des enfants, Claire Brisset, clament un "droit à l'enfant", et ce (selon ces mêmes personnes) "à n'importe quel prix"...Ceci nous apparaît comme insupportable, à nous couples infertiles, et nous avons eu envie de leur crier (mais le débat s'est arrêté là) que non, nous ne souhaitons pas des enfants pour NOUS ou par pur égoïsme, mais pour EUX, et parce que c'est une loi universelle que celle de se reproduire, un peu comme l'air comme on respire....ALors il faut arrêter de sans cesse faire culpabiliser les couples (ce qui est plus facile que de proposer de vrais solutions, comme d'autres pays l'ont bien compris)... Mais je vous invite tout de même à aller consulter les actes du colloque (que nous ne manquerons pas de mettre en lçigne) lorsque ceux-ci seront publiés, car il restait quand même que c'était une première fort intéressante et passionnante, dont le fleuron à mon sens fut "L'université Junior" organisé en parallèle, et où plus de 500 jeunes lycéens et étudints ont pus s'exprimer sans craintes et sans retenue... A votre avis, quelle assemblée a été la plus innovante des deux ??
Nous avons réussi tout de même à nous faire connaître et à faire connaître l'association(et un peu à se faire entendre, grâce à Laure, qui n'a pas craint de prendre la parole plus d'une fois pour remettre les choses en place) durant ces trois jours...
041
05/09/2003 - 10:27
S. P.
(MP1992)
Cela fait presque un mois que personne ne s'est manifesté sur le Forum... Je suppose que les vacances, ainsi que la canicule, ont rendu les réflexions plus difficiles ! Alors, Panglossiennes et Panlossiens, Maiennes et Maiens ...A vos curseurs !
Pour relancer un peu le débat, voilà les réflexions que je soumets à votre sagacité, en cette période post-caniculaire.. Ne croyez-vous pas qu'il y ait un débat éthique à conduire sur le sort des personnes âgées, laissées seules et abandonnées par leur famille et proches ? Personnellement, j'ai été très choquée par cette triste histoire qui montre la solitude dans laquelle de nombreuses personnes vivent..Et je me dis que, peut-être ces personnes n'ont jamais eu d'enfants, et que c'est pour cela qu'elles sont mortes ainsi, seules et abandonnées.... Et c'est pour cela aussi (si besoin était) que je me dis que combattre l'infertilité est non seulement quelque chose de très légitime pour les couples concernés mais aussi un combat civique, que l'Etat ne doit pas ignorer..Q ue si des pays comme l'Italie et l'Allemagne on mieux "survécu" à la canicule, c'est non seulement à cause de leurs infrastructures, mais aussi (et surtout) parce que la solidarité familiale s'y exprime pleinement. Cette solidarité commence précisément dès la "conception" des personnes et celles-ci méritent le plus grand respect, à tout âge de leur vie et selon moi dès le stade embryonnaire... Ce qui s'est passé cet été montre si besoin était que l'Etat n'est pas tout puissant, qu'il ne peut pas TOUT faire, tout prévoir, mais qu'au contraire il doit laisser les responsabilités et les solidarités s'exprimer ....J'en reviens de ce fait à ce que je disais au début de ce forum, sur les responsabilités individuelles .. L'Etat doit FAIRE CONFIANCE à ses citoyens, s'il ne veut pas, par contrepartie, que les gens attendent TOUT de de lui.
040
08/08/2003 - 13:17
S. P-M.
(MP1992)
Suite du message 39 (Convention d'Oviedo)
Les développements scientifiques, technologiques et médicaux qui permettent d'intervenir sur l'embryon ou le foetus ne cessent de s'accélérer, c'est la raison pour laquelle il a paru important de compléter les dispositions de protection énoncées dans la Convention cadre par l'élaboration d'un Protocole additionnel. A cet égard, le Groupe de travail chargé de préparer ce Protocole additionnel se penche sur les problèmes éthiques et juridiques liés aux possibilités d'intervention sur l'embryon et le foetus humains, et prépare en réponse des dispositions de protection.
Il est prévu que le Protocole aborde la question fondamentale du consentement (pour intervenir sur l'embryon ou le foetus), mais aussi celle des normes professionnelles et des règles de conduites applicables dans le cadre d'interventions sur l'embryon ou le foetus. Le projet de Protocole devrait être constitué de plusieurs chapitres, dont celui relatif à la protection de l'embryon in vitro qui abordera des questions liées à la sécurité et à la qualité de la procédure de fécondation in vitro. Il est également prévu d'élaborer des dispositions sur la protection de l'embryon et du foetus in vivo, ainsi que sur la question des cellules et tissus embryonnaires et foetaux.
Etat d'avancement des travaux
Le Groupe de travail chargé d'élaborer le projet de Protocole sur la protection de l'embryon et du foetus humains a tenu sa première réunion en mai 1995. Sa première tâche a été l'organisation du symposium sur la protection de l'embryon et du foetus humains qui s'est tenu à Strasbourg en décembre 1996. Le Groupe de travail a ensuite été chargé de préparer le Protocole portant interdiction du clonage d'êtres humains qui a été adopté par le Comité des Ministres en novembre 1997.
La préparation du projet de Protocole sur la protection de l'embryon et du foetus humains a donc débuté en septembre 1997, lors de la 6ème réunion du Groupe de travail.
Ce Groupe a tenu sa 13ème réunion en mai 2001. Il a achevé un avant-projet de la partie du projet de Protocole relative aux dispositions générales et à la protection de l'embryon in vitro.
039
08/08/2003 - 09:53
S. P-M.
(MP1992)
Réponse au message 38
Oui, c'est vrai, il y a une cause que tu appelles "sociale" à l'infertilité, et que moi je qualifierais plutôt "d'environnementale", exactement comme la pollution augmente les risques de maladie..Et en effet, cette cause est extrêmement difficile à évaluer, et je ne m'aventurerais pas sur ce terrain (en tous cas, je ne connais pas d'étude scientifique sérieuse pour l'étayer).."mens sana in coropore sano" est certainement toujours le meilleur des modes de vie!
Revenant à la notion de personne, il y a eu bien sûr des tas de débats, entre ceux qui considèrent que la personne existe dès la conception, et ceux qui comme toi pensent qu'elle n'existe pas avant plusieurs mois.. Il ne nous appartient pas dans ce débat de trancher (je m'en garderais bien) mais je voudrais faire remarquer que l'être humain se différencie de l'animal par sa faculté à avoir une "pensée", un système neuro-biologique qui crée des connexions dans le cerveau, où siège cette pensée.. Or, on sait que la première apparition du système neurologique se fait vers le 3ème mois au niveau de l'embryon (Laure, dis moi si je me trompe)et donc on peut dire qu'avant cela l'embryon est incapable de "penser" de ressentir des émotions.. Je dis cela en néophyte et demande aux scientifiques présents dans ce débat de confimer ce fait!! Pour autant peut-on en conclure qu'avant ce stade, l'embryon peut faire l'objet de toutes les recherches, les manipulations ? Au fond, n'est-ce pas un faux débat que de vouloir déterminer QUAND l'être humain est une PERSONNE, et ne peut-on décréter (et à cet égard utiliser le fameux principe de précaution comme cela qui se fait dans d'autres domaines) mais qu'à partir du moment où c'est un être POTENTIEL en en devenir, il faut le protéger et le respecter ??
Je te renvoie pour plus de détails sur le statut de l'embryon à La Convention sur les droits de l'Homme et la biomédecine (dite Convention d'Oviedo), qui contient deux principes concernant l'embryon (article 14 et 18). Elle interdit d'utiliser les techniques d'assistance médicale à la procréation en vue de sélectionner le sexe de l'enfant à naître (sauf en vue d'éviter une maladie héréditaire grave liée au sexe), ainsi que la constitution d'embryons humains aux fins de recherche. Elle stipule en outre que lorsque la recherche sur l'embryon est admise par la loi, celle-ci doit assurer une protection adéquate de l'embryon...Un programme vient d'être lancé par le Conseil de l'Europe pour aller plus avant dans cette définition
038
07/08/2003 - 13:13
Jean-François Chauveau
(MS1994)
Réponse au message 37
Je partage entièrement votre point de vue (en particulier sur l'infidélité masculine ...).
Il me semble qu'il manque une dimension à la discussion sur l'infertilité, même si cela risque de ne pas faire avancer le débat éthique.
Certes, l'infertilité a toujours existé, qu'elle soit imputable au sexe masculin ou féminin, dans une proportion qu'il est difficile de chiffrer avec précision. Mais ce qui n'est pas dit, ce qu'il ne faut pas dire, ce qui est politquement incorrect, c'est que notre mode de développement actuel AJOUTE des risques d'infertilité. Pour moi, il y a donc également une cause sociale à l'infertilité. Partant de là, je considère que la société doit participer à la gestion réglementaire et éthique de ces problèmes, non comme censeur des "anormaux" mais comme responsable potentiel des problèmes rencontrés.
Je m'explique. Notre développement repose en partie sur les progrès scientifiques qui apportent une grande quantité de solutions pratiques à nos petits problèmes quotidiens. En particulier, la chimie nous propose des tas de produits "miracles". Loin de moi l'idée de contester les progrès réalisés ni leur intérêt. Mais il ne faut pas oublier les effets négatifs induits. Une partie de ces produits peuvent avoir un effet sur la fertilité, d'autant que l'évolution récente de la recherche tend à créer des produits sont les sites d'action se rapprochent des mécanismes cellulaires universels (génome et cycle respiratoire) et que les études de toxicité, pour complètes qu'elles soient, ne permettent pas de tout mesurer (en particulier l'effet de l'absorption de faibles doses de mélanges de molécules actives). [Prenez le temps de lire les étiquettes des produits d'entretien de votre maison ... vous y découvrirez des tas d'informations intéressantes écrites très petit ... et les étiquettes ne disent pas tout].
Notre ignorance relative des effets possibles de la voie de développement que nous avons choisie, ne nous exonère pas, à mon sens, d'avoir, en tant que société humaine, une réflexion "responsable" sur les façons de gérer les conséquences de l'infertilité et les moyens d'y parvenir.
Voilà ce que j'entendais par responsabilité sociale.
Pour revenir à la notion de personne qui a été débattue au début de ce forum, j'ai personnellement du mal à qualifier d'être humain l'embryon constitué d'un amas cellulaire. Je suis très indécis, partagé, sur la qualification à apporter à l'embryon en cours de développement. Il n'a pas encore forme humaine... Je conçois pleinement la notion de personne à partir de 3e mois de grossesse quand il devient foetus. C'est probablement là une vision très restrictive de la personne. Merci de m'approter des éléments de débats montrant que j'ai tort.
En revanche je ne partage pas le point de vue exposé dans le message n°36 à propos des gamètes. Pour moi ce ne sont que des cellules. On manipule dans les laboratoires du monde des millions de cellules, végétales, animales, humaines. Si le gamète a la possibilité de reproduire un individu, il ne contient ni plus, ni moins (plutôt moins d'ailleurs) d'information génétique que la cellule différenciée (de foie ou d'un autre organe) dont on admet la mise en culture à des fins de recherche ou thérapeutique. Si la personne peut se définir comme le patrimoine génétique d'une cellule d'origine humaine, alors il faut vite fermer tous les laboratoires.
037
04/08/2003 - 15:41
S. P-M.
(MP1992)
Réponse au message n° 36
Je ne pense pas que ce soit l'AMP qui soit la cause de la déstructuration du couple mais bien au contraire trop souvent le couple lui même et l'infertilité, une fois celle-ci avérée (surtout quand il s'agit de l'infertilité masculine, que beaucoup d'hommes n'assument pas, et qui pourtant -il faut le rappeler- est la cause de l'infertilité du couple presque .. une fois sur deux). L'infertilité en effet crée un véritable séisme dans le couple, et seuls ceux qui sont très solides parviennent à résister aux années d'attente, d'angoisse, de tentatives successives, de souffrances médicales et morales. Mais cela serait bien pire sans AMP! Et certains médecins se gardent bien de déculpabiliser les couples, en allant jusqu'à dire à conseiller à certain(e)s de changer de partenaire!! (véridique, je l'ai vécu!!)....Que vient donc (encore) faire la morale dans ce contexte, et les discours sur l'infidélité de la femme (et pas celle de l'homme, qui comme chacun sait, n'existe pas)??
Bon, je souhaiterais que notre Forum revienne à des vrais discussions avec les vrais sujets qui nous préoccupent, et ne détourne pas une phrase de son contexte (en l'occurrence, celle de Laure) pour glisser vers le chapitre de la morale (surtout quand celle-ci consiste à dire que c'est l'AMP déstructure le couple, comme si celle-ci était une CAUSE et non une CONSEQUENCE de l'infertilité...).Soyons sérieux: on se passerait bien TOUS et TOUTES d'AMP si l'on avait pu avoir les enfants facilement!! Mais il paraît plus facile de décrier l'AMP et ses (parfois imparfaites, il est vrai) solutions, pour empêcher ceux qui veulent y recourir de le faire, que d'assumer sa propre infertilité et ainsi reconnaître que cela peut être une solution pour certains, à laquelle d'autres n'ont pas eu le courage de recourir . Cela me rappelle l'intégrisme religieux qui s'exprime dans le port du voile obligatoire pour les femmes("puisque je ne peux pas t'avoir, alors je ne veux pas te voir et je ne veux pas que les autres te voient....")..Autrement dit, pourquoi vouloir niveler par le bas ?
036
31/07/2003 - 18:14
Eric Dubois
(AEF)
Réponse au message 33
Laure, où as-tu pris que 17% des enfants sont adultérins ?
Cela voudrait dire qu'il y a au moins 20% de femmes infidèles, et d'après ce que tu dis, même pas avec un ami, mais un homme de passage, ou que les femmes infidèles sont plus fécondes que les autres...
Il est vrai qu'on n'a pas attendu l'AMP pour faire des enfants en dehors du couple. Mais l'AMP-D désacralise les gamètes pour en faire des cellules comme les autres. Et là je ne peux être d'accord.
Je n'ai pas dit que l'AMP était une cause de divorce (quoi que...) mais le fait de travailler sur les gamètes et de mélanger exprès les gamètes mâles et femmelles, était une cause de déstructuration du concept de couple et de famille.
035
18/07/2003 - 20:06
Laure Camborieux
(maia)
"La réflexion éthique, et c'est sa fonction pédagogique, permet de faire pénétrer des principes d'action dans les consciences (...) elle est préalable à la règle de droit. En ce domaine plus que dans tout autre, une règle mal conçue, mal préparée et mal acceptée est inefficace".
Marceau LONG, Conférence inaugurale du Congrès international d'éthique médicale. 9 mars 1991.
034
18/07/2003 - 18:21
Laure Camborieux
(maia)
Réponse au message 27
"Quand le père n'est pas celui qui a donné son sperme, mais celui avec qui vit la mère pour le moment, il y a de quoi déstabiliser un enfant"
encore faudrait il prouver de telles affirmations ; dans l'insémination avec donneur, aucune étude ne montre cela, bien au contraire. On sait depuis des lustres que c'est le secret, le non-dit qui est pathogène pour l'enfant, pas une parentalité différente.
Mais pourtant, la révision de la loi de bioéthique refuse de se repencher sur l'anonymat du don de gamète ; pourtant, l'accouchement sous X perdure en France, sans que les enfants aient accès à leurs origines.
Pourquoi ne pas avoir interrogé des belges, des anglais, sur leur pratique du don direct ? sur l'adoption ouverte (la mère choisit le couple à qui elle confie l'enfant et peut garder des liens avec lui).
La réflexion éthique consiste -t-elle en des discussions de salon franco-françaises, où les avis différents sont écartés avec mépris (vécu et constaté) ?? Dans ce cas, personnellemnt, je leur dénie le qualificatif d'éthique.
033
18/07/2003 - 18:09
Laure Camborieux
(maia)
Réponse au message 27
"Avec les AMP, on est en train de destructurer la famille : c'est encore la faute aux couples infertiles ?"
Soyons sérieux, le divorce, les familles recomposées, l'inceste, les enfants battus...sont au moins autant le fait (hum, surement plus) des familles "normales" que des familles "AMP". Un couple est solide au départ ou il ne l'est pas ; il survit à l'AMP (ou non) comme il survivrait (ou non) au chomage, à l'adultère, etc...
QQS petits chiffres pour réfléchir :
17 % des enfants conçus "sous la couette" ne seraient pas les enfants de leur père social mais du plombier, du facteur....
L'insémination avec donneur date des années 1970, la fécondation in vitro de 1982 (en France) ; et pourtant, il n'y a jamais autant eu de mariages et de naissances en France.
032
18/07/2003 - 17:59
Laure Camborieux
(maia)
Suite du message 27
Au risque de me répéter : s'il y avait eu de manière certaine un ou des enfants qui n'attendaient que moi pour avoir un avenir meilleur, la question ne se serait meme pas posée : j'aurais adopté.
Mais il suffit de voir la galère des couples en adoption (et nous en connaissons tous les 2) les années d'attente, d'incertitude, les couples qui ne parviennent pas à adopter, les magouilles financières dans certains cas...
Décidemment, le parallèle entre GPA et adoption me plait de + en + : cela permet de défendre la GPA très efficacement !
Mais de toutes façons, en quoi le fait que l'adoption existe, intervient pour rendre éthique ou non la GPA ?
Ce sont 2 parentalités extrêmenent différentes, qui doivent être choisies par les couples en fonction de leur vécu, de leurs situations propres.
Une adoption mal vécue peut etre largement aussi catastrophique qu'une GPA.
031
18/07/2003 - 17:49
Laure Camborieux
(maia)
Réponse au message 27
D'abord, bien sur, Sylvie a tout dit ou presque sur la gestation pour autrui. Je ne rajouterai qu'un élément : quand on dit que les liens créés pendant la grossesse sont importants et que l'équilibre de la gestatrice (qu'elle soit la future mere sociale ou non) est important, cela a été montré par l'étude de cas "pathologiques" : mères stressées, malades...qui ont eu des retentissement importants sur la vie de l'enfant. Mais il est impossible de prouver, et l'adoption le montre, que ces liens sont indispensables, nécessaires et suffisants pour assurer le bon développement de l'enfant ; que celui ci ne pourra établir de relation qu'avec sa gestatrice...
Et surtout, comme l'a si bien dit Sylvie : c'est pour ça précisement que j'ai choisi la GPA par rapport à l'adoption (étant entendu que le nombre d'enfant à adopter est en baisse constante) : car je peux avoir confiance en la nounou, car je pourrais avoir des contacts avec mes BB (et oui, ils sont 2).
Nous allons enregistrer une cassette de chansons françaises pour eux, de comptine, d'histoires d'enfants pour qu'ils nous entendent..
Bref, nous allons tenter de créér le max. de liens avec eux, liens imparfaits, liens insuffisants, liens insatisfaisants pour moi mais.. liens tout de même.
Et toutes les études montrent que ni les enfants ni les gestatrices ne souffrent de cette situation (sous réserve de précautions préalables bien sur) : c'est le point éthique sur lequel j'ai fait des études pendant 3 ans, sur lequel j'ai acquis l'intime conviction et la certitude absolue que cela peut se faire.
En revanche, l'adoption me pose bcp plus de problèmes éthiques, aucune solution (adoption nationale ou adoption à l'étranger) ne me semble respecter des minimums éthiques : droit de l'enfant à connaitre ses origines, adoption d'enfants réellement sans parents, etc...
Mais il est clair qu'il n'est pas politiquemnt correct de montrer les imperfections de l'adoption.
030
18/07/2003 - 15:22
Nath Zag
(maia)
Réponse au message 29
Juste pour vous dire monsieur quel bien ça fait de savoir qu'il y a des gens qui peuvent écouter et "entendre" ce discour !!!! Alors MERCI !!!! En tout cas, ça me rassure de savoir qu'il y a des individus qui sont prés à nous accorder "ce droit au bonheur" !!!
029
17/07/2003 - 13:17
Jean-François Chauveau
(MS94)
Réponse au message 17
Bonjour, je commence juste à parcourir ce forum qui est tout à fait passionnant. Arrivé à la fin de la lecture du message précité, j'ai eu (vraiment très ...) envie de vous crier Madame les mots suivants :
En tant que père de deux filles (adorables évidemment) je peux vous assurer qu'être père est le rôle le plus merveilleux, le plus enthousiasmant, le plus riche et en même temps le plus difficile et le plus ingrat que j'ai jamais joué. Pour rien au monde je n'aurais voulu manquer cela. Par conséquent, je crois être en mesure, non pas de comprendre (ce serait trop facile) mais de toucher du doigt la douleur de ceux qui n'ont pas, pour des raisons médicales indépendantes de leur volonté donc, cette chance. Sur cette base, si je suis un individu doté d'une conscience sociale, comment pourrai-je leur refuser le droit d'essayer d'atteindre ce bonheur ?
028
11/07/2003 - 09:37
Sylvie Menneson
(MP1992)
Réponse au message 27
Je t'en prie, ne prends pas ces cas extrêmes, qui n'existent que dans la presse à sensation (une mère qui porte un enfant pour sa fille), et pas dans des pays qui organisent, encadrent et lègifèrent sur la GPA comme les USA... Dans 99 % des cas, cela se passe très bien, mais les feux de l'actualité sont toujours mis sur l'exception, que d'ailleurs l'on peut éviter en fixant des règles très précises et en encadrant, comme aux USA, où les gestatrices sont sélectionnées sur des critères très précis.
Je suis d'accord aussi avec ton analyse sur le divorce, auquel les gens recourent un peu trop facilement, et cela me paraît avoir des conséquences beaucoup plus graves sur un enfant que le fait qu'il ait été conçu grâce à une AMP.. La question-clé est bien celle que tu poses après, quand tu demandes "où est le droit pour un enfant à connaître ses origines" ? En effet, ce droit est bafoué avec l'accouchement sous X et avec l'adoption et la récente création de l'Agence Nationale pour la Connaissance des Origines ne change pas grand chose car on n'oblige pas les "mères" qui abandonnent leurs enfants à laisser leur identité.. Je suis mille fois d'accord que c'est là que la bât blesse, et l'on constate que les enfants qui passent leur vie à rechercher leurs origines sont ceux à qui précisément on les avait cachées... Ce n'est pas la façon dont l'enfant a été conçu qui compte le plus pour la psychologie de l'enfant, mais bien la connaissance qu'il en a, et le fait que les parents lui expliquent pourquoi et comment ils ont pu le faire naître, la particularité de sa naissance. Après tout, c'est une preuve d'amour supplémentaire que d'avoir bataillé pour qu'il soit là, cet enfant...
Tu évoques aussi ,dans le cas de la GPA,la relation de l'enfant avec sa gestatrice pendant les 9 premiers mois de sa vie. Oui, ce qui se passe durant ces 9 mois est très important pour le développement physique et psychologique du futur adulte, c'est tellement vrai que c'et pour cela que la gestatrice doit être choisie en fonction de critères très stricts (par exemple avoir déjà des enfants, et ne pas être en "souffrance physique, psychologique et sociale"). Oui, mille fois oui, un peu comme on choisit la nounou qui va prendre soin de lui ensuite, quand la mère reprend son travail... Confierais-tu ton enfant à n'importe quelle nourrice, ou bien à une femme attentionnée, qui aime les enfants, qui les cajole, etc...Une asistante maternelle ou une nounou passe plus de temps que la mère avec son enfant, dans notre vie moderne où les femmes travaillent, et ce pendant des années ... Et qui s'en offusque ?
Tu dis cette vérité première que "spontanément l'enfant aime ce que sa mère a aimé durant sa grossesse.... il entretient des relations privilégiées avec sa gestatrice…" Oui, là aussi, il est primordial que la gestatrice soit une personne de qualité, et choisie pour ses qualités, par un couple qui va lui confier son bien le plus précieux: son enfant ! L'expérience montre que dans 99 % des cas cela se passe très bien, et qu'il n'y a aucune ambiguïté dans la rôle que la gestatrice va jouer pendant cette période si importante de la vie d'un bébé, la période intra-utérine... L'enfant bénéficiera toute sa vie des influences de personnes extérieures à ses parents : la nounou, la maîtresse d'école, la baby-sitter, etc...et personne ne songe à trouver cela "anormal", ou à dire que l'enfant est lésé ..Ou alors, il faudrait interdire aux mères de travailler, les obliger à rester chez elles pour garder leurs enfants, à une période (de 3 mois à 3 ans, en général) où le développement psychique et psychologique d'un enfant est le plus important ? Il faudrait interdire aux parents de divorcer, de boire, de fumer, de se comporter comme des irresponsables, de se battre, de se disputer, de trop travailler, de délaisser leurs enfants.. toutes choses qui nuisent profondément au développement de l'enfant (et qui vient contrôler ce qui se passe dans les chaumières?)..
Comme dans le cas de l'adoption, (pourquoi dénies-tu toute souffrance au couple infertile qui a recours à la GPA ?)la mère ne devient mère qu'après la naissance..Mais n'est-ce pas vrai aussi pour le cas de toutes les mères, dans le cas des naissances "naturelles"?
Je crois qu'il y aurait encore beaucoup à discuter sur ces sujet passionnants, mais je voudrais résumer en un seul mot:l'enfant a besoin d'AMOUR. L'enfant a besoin, pour se développer, s'épanouir, de l'amour de ses parents, ceux qui s'occupent de lui, le nourrissent, le soignent, l'aiment et le lui font savoir, lui apportent des témoignages de cet amour, communiquent avec lui, sont attentifs à ses besoins , et..lui disent la vérité de son histoire, SA vérité, sur les circonstances de sa venue au monde et son origine... L'enfant est capable de tout comprendre, sauf le non-dit, car alors il fantasme et imagine le pire... Voilà ma conclusion..Tout le reste n'est que de la conversation de salon (ou de forum!) et d'intellectuel..! La société ne peut pas se substituer aux gens pour les rendre responsables; or en légiiférant sur tout tout le temps, c'est bien se qui finit pas se passer, et les gens attendent que la société, l'Etat, résolvent leurs problèmes (combien de jeunes femmes un peu "paumées" font des enfants pour que la société s'occupe d'elles, et les prenne en charge?). Pourquoi la société veut-elle décréter qui a le droit d'être parent et qui ne l'est pas ?
027
10/07/2003 - 15:08
Eric Dubois
(AEF)
Réponse au message 26
J'ai lu attentivement le compte rendu résumé et détaillé de votre dîner débat.
(Comment on fait pour être invité à vos dîners débats ?), mais je n'ai rien lu que je ne savais déjà. Et j'en attendais plus sur la notion de filiation, thème principal de ce dîner.
Oui, Sylvie, comme tu dis "lien biologique et lien de parentalité...Définitivement, ces deux notions sont de plus en plus disjointes aujourd'hui. " Et c'est cela qui m'inquiète.
Avec les AMP on est en train de déstructurer le couple, la notion même de famille. Quand une femme est enceinte de l'enfant de sa fille n'est-on pas à la limite de l'inceste ? Quand le père n'est pas celui qui a donné son sperme, mais celui avec qui vit la mère pour le moment, il y a de quoi déstabiliser un enfant. Aujourd'hui le divorce et l'infidélité sont-ils tellement entrés dans les moeurs que finalement peu importe de qui provient notre vie ? Où est le droit pour un enfant à connaître ses origines ?
Oui, dans le cas de prêt d'utérus les parents nourriciers sont aussi les parents biologiques, mais que fait-on de la relation de l'enfant avec sa mère gestatrice pendant les 9 premiers mois de sa vie ? On sait aujourd'hui que ce qui se passe durant ces 9 mois est très important pour le développement physique et psychologique du futur adulte. Et que spontanément l'enfant aime ce que sa mère a aimé durant sa grossesse. Qu’il entretient des relations privilégiées avec sa mère gestatrice…
Dans le cas de l’adoption, il s’agit de la rencontre de deux souffrances, de deux manques. Un enfant a besoin de parents et un couple a besoin d’un enfant. L’enfant n’a pas été conçu pour être donné à l’adoption. Il s’agit de lui faire une vie meilleure que celle qu’il aurait vécu en l’absence d’adoption. Il est vrai qu’en France, à mon sens, l’adoption est trop radicale. L’ASE ne propose pratiquement l’adoption simple, et l’adoption plénière coupe tout lien avec le couple biologique même sur sa carte d’identité, sur son livret de famille, il devient l’enfant né biologiquement de ses parents adoptifs.
026
10/07/2003 - 11:21
S. P-M.
(MP1992)
Réponse au message 25
Excellente idée, que de porter le débat sur la parentalité ! Tu dis que le droit français "se fonde sur la vérité biologique", je te répondrai "non, même pas, puisque l'adoption est bien reconnue comme parentalité ! Par ailleurs, dans de nombreux cas de "gestation pour autrui" ce sont bien les ovocytes de celle qui veut être mère et non de la gestatrice qui sont utilisés (un arrêt de jurisprudence de juillet 2002 de la Cour d'Appel de Rennes vient de refuser à un couple la filiation alors que la femme avait bien utilisé son propre patrimoine génétique, aux motifs qu'ils avaient eu "recours à un contrat de mère porteuse".. Et pourtant utiliser ses propres ovocytes pour avoir des enfants sont bien des "liens biologiques" !! Non, il ne faut pas confondre "lien biologique" et lien de parentalité...Définitivement, ces deux notions sont de plus en plus disjointes aujourd'hui. "La mère est celle qui accouche" qui provient du latin "mater semper certa est" (qui d'ailleurs ne se traduit pas ainsi mais par "la mère est toujours certaine"... encore une erreur d'interprétation!) est un adage qui date...des romains, où il faut le rappeler, le père avait un quasi droit de vie ou de mort sur les enfants.. Comment peut-on encore aujourd'hui se référer à ce dogme ? Je t'invite à lire le compte-rendu du dîner-débat avec Geneviève Delaisi de Parsival sur la parentalité...C'est édifiant, et je le crois, nous évitera de nombreuses incompréhensions.
025
10/07/2003 - 10:39
Eric Dubois
(AEF)
Laissons tomber la notion de personne, puisque cela est si difficile à déterminer. Mais en fait justement si les législateurs n'arrivent pas à se prononcer sur ce sujet, c'est que les lois sont contradictoires entre elles. Rappelons qu'en France l'enfant conçu est considéré par la loi comme né chaque fois qu'il y va de son intérêt. Or les embryons congelés sont conçus...
Autre rappel : en France l'avortement est toujours illégal, même s'il a été dépénalisé.
Passons à la notion de PARENTALITE.
Nous sommes là au coeur du débat de la maternité de substitution, de l'IAD et la FIV-D.
Aujourd'hui le droit fançais se fonde sur la vérité biologique. Mais on constate que l'on se dirige vers une priorité sur la filiation sociale.
Aujourd'hui la mère est celle qui accouche, et le père doit faire la preuve de sa paternité. Mais le père biologique d'une IAD ou FIV-D doit renoncer à tous ses droits sur l'enfant conçu. De même la femme qui a donné ses ovocytes.
Alors qui est le père et qui est la mère ?
024
09/07/2003 - 16:13
S. P-M.
(MP1992)
Après une discussion avec notre webmestre et avec Laure, co-animatrice de ce Forum, une question lancinante nous est venue: pourquoi si peu de Panglossiens s'expriment sur ce forum, alors que nous savons que nombre d'entre eux travaillent sur ces questions, à titre professionnel ou privé ?
Les vacances d'été n'expliquent pas tout, et la (relative) habituelle désaffection du Club durant cette période pour les Panglossiens ne saurait expliquer à elle seule ce phénomène ..Aussi, amis Panglossiens, je voudrais vous demander de bien vouloir prendre votre curseur pour nous écrire votre opinion/idée sur ces sujets qui nous concernent tous. Sinon, l'on finira par penser que l'esprit Panglossien de curiosité et d'ouverture s'émousse un peu, avec les chaleurs de l'été et ... l'éloignement de la Mission Principale !!! Oyez, oyez, braves gens, regardez et lisez, et exprimez-vous en ces pages mises à votre disposition!!
023
07/07/2003 - 11:37
S. P-M.
(MP1992)
Je ne sais plus qui a commencé la discussion sur la définition de la personne humaine dans le présent forum...
Je voudrais juste donner la définition (pragmatique) que les américains donnent de la "personne" ou plutôt de l'individu et sur laquelle ils basent toute leur argumentation et leurs raisonnements éthiques. Ils considèrent que l'individu existe le jour où la division cellulaire n'est plus possible (autrement dit au quatorzième jour après la conception, je crois), autrement dit lorsque l'on est sûr de ne pas avoir de jumeaux ou plus, car à ce moment là l'embryon est unique...Donc, toutes les lois qui protègent l'individu considèrent que c'est à ce stade que l'embryon est un individu (vous imaginez donc les conséquences sur des pratiques comme l'avortement?)...C'est cette définition qui a présidé par exemple à leur décision de ne pas financer (autoriser?) la recherche sur les embryons, contrairement à la France, qui se montre ainsi beaucoup plus libérale en la matière..
022
04/07/2003 - 17:30
Laure Camborieux
(MAIA)
Pour une étude critique sur l'éthique et l'élaboration des lois bioéthiques de 1994, lire "Naitre ? la controverse bioéthique" de Dominique Mehl, Bayard éditions
021
04/07/2003 - 15:56
N. Z.
(maia)
Réponse au message 20
Je viens de relire le discours de Mattei concernant la révision des lois de la bioéthique...
Ils ont abandonné le fait de devoir définir "quand on devient une personne", les opinions étant trop différentes et personne justement n'arrivant à trouver une définition satisfaisante pour tout le monde.
Je ne pourrai pas te dire si il y a un âge précis où l'on peut être considéré comme une personne "accomplie" ... je crois que l'on construit notre personne tout au long de notre vie ... c'est pour ça que dans certaines sociétés les personnes agées sont considérés comme des sages.
020
04/07/2003 - 14:28
Eric Dubois
(AEF)
Réponse au message 18
Bien sûr, Laure, que cette notion de PERSONNE est fondamentale pour parler d'éthique. Car, comme tu le fais remarquer, de là découle tous nos droits et devoirs vis-à-vis des autres personnes. Plus tard on fait démarrer l'âge du début de la personne, moins on a de devoirs vis-à-vis de l'humanité.
Sur le Web j'ai trouvé ces définitions de la personne :
1. Être humain considéré en tant qu'individu doué de raison, capable de distinguer le bien du mal, libre et responsable.
2. En droit, sujet juridique, auquel la loi fixe des droits et des devoirs.
3. Chez Kant, sujet moral doué d'une valeur absolue et existant comme fin en soi, par opposition à la chose. Pour Kant, les êtres raisonnables, ou personnes, existent comme «fins en soi», et non pas simplement comme des moyens dont telle ou telle volonté pourrait user à son gré. À ce titre, toute personne a droit au respect.
Ma préférence personnelle va à la définition de Kant. Mais une fois définie la personne, des droits lui sont associés.
Je ne peux adhérer à la première proposition. Dans ce cas, peu d'êtres humains, même adultes, peuvent être considérées comme des personnes (libres et responsables ?).
Quant à l'éducation nécessaire pour devenir une personne. Je comprends mieux le terme employé par Nathalie. Je croyais qu'elle parlait seulement de l'éducation que l'on reçoit à l'école (apprendre à lire, compter...). Mais quand considères-tu que l'enfant est suffisamment éduqué pour être appelé personne ? Autrefois on disait que l'enfant atteignait l'âge de raison à 7 ans. Est-ce ton critère aussi pour définir la personne ?
Pour les musulmans l'embryon est une personne à partir du 15e jour. Pour les juifs à partir du 40e. Les catholiques ne se prononcent pas, et disent qu'il faut considérer l'embryon comme une personne dès la conception car on ne sait pas où est la limite.
A ce propos, je trouvais justifiée la plainte d'une femme enceinte dont le bébé avait été tué dans un accident de voiture. Elle réclamait la qualification d'homicide involontaire. Mais elle n'a pas été suivie par le tribunal, le foetus n'étant pas une personne aux yeux de la loi...
019
03/07/2003 - 19:00
Laure Camborieux
(MAIA)
Réponse au message 11: Ethique biomédicale ou bioéthique
tu as une piètre opinion de nous, Eric. Nous ne voyons pas l'éthique d'un point de vue utilitaire, ni nous ne réfléchissons pas que d'après notre seule convenance du moment.
cela étant, pour avoir pas étudié la pratique "éthique" en france et un peu (pas assez) la pratique étrangère, il y a qqs petites choses qui me frappent et me choque.
L'éthique française est essentiellemnt une éthique basée sur une réflexion philosophique et/ou religieuse. Elle cherche à déterminer une solution consensuelle, protégeant de tous les risques et toutes les dérives. Le sujet que j'ai le plus étudié est celui de la gestation pour autrui (GPA) et notamment le compte rendu du Comité Consultattif National d'Ethique (CCNE) émis en 1988. Aucune nouvelle réflexion n'est intervenue pour vérifier si ces arguments sont valides ou non ; pourtant, la GPA est toujours condamnée en France, les arrogants qui osent tenter d'en parler étant illico presto voués à l'enfer.
Dans ce CR, le CCNE passe en revue toutes les dérives ou tous les dangers liés à la GPA ; dans ce contexte, sur une base simplement théorique, on peut imaginer le pire, ce qui conduit évidemment à interdire la GPA.
Une autre façon de faire aurait été de poser ces mêmes questions, tout à fait légitimes, et de regarder les situations à l'étranger, pour vérifier si les risques supposés se vérifient.
Bref, au lieu d'une démarche purement théorique, d'adopter une démarche scientifique.
J'ai réalisé cette étude, et je peux te dire que tous les arguments du CCNE pour refuser la GPA ne tiennent pas debout.
Comment refuser la GPA au nom d'un potentiel abandon d'enfant (abandon qui n'existe pas puisque l'enfant est ATTENDU par ses parents biologiques) et laisser subsister l'accouchement sous X ?
Comment pré-supposer que les gestatrices vont être des pauvres femmes exploitées, et penser que les couples vont confier ce qu'ils ont de plus cher, leur enfant, à une femme fragile ?
Comment surtout permettre à une femme de prendre la décision d'accoucher sous X, et la penser suffisament responsable pour ça, et ne pas la croire suffisament responsable pour savoir si elle peut ou non porter l'enfant d'un couple ?
Bref, les exemples se multiplient à l'infini, pour la GPA, pour le don d'ovocytes....
Mais de manière pragmatique, quelle est réellement la situation ? des réseaux clandestins se développent vers les pays de l'EST car la France ne fournit ni solution, ni explication, ni dialogue pour expliquer ses différents refus.
Ces réseaux bafouent toutes les règles éthiques de protection des femmes, de non commercialisation du corps, etc...
Tu parles de l'euthanasie, interdite en France, mais pratiquée clandestinement sous la responsabilité des seuls médecins. Est il plus éthique de laisser souffrir un patient et sa famille sans espoir de guérison et d'une vie décente que de l'aider à mourir dans la dignité ?
Est il décent de rejeter la seule responsabilité et le seul choix au médecin (et à la famille) plutot que trouver une solution où la décision serait par exemple du ressort de l'équipe médicale ET de la famille ?
Est il éthique de refuser de poser les questions et de chercher des réponses à ces questions difficiles ?
L'éthique française se caractérise par un autisme difficile à admettre de la part du pays de Descartes. En refusant d'étudier les réponses apportées par les autres pays, et les résultats obtenus dans ces pays, l'éthqiue française en devient totalement contre productive : elle contribue à engendrer les dérives qu'elle veut éviter !!!
La plupart des autres pays ont une éthique pragmatique, où la plupart des situations sont gérées au cas par cas, en fonction des individus en présence.
Ouvrons les yeux, comparons, ... et surtout, permettons à la société civile de s'exprimer, de donner son avis sur ces questions qui nous concernent.
018
03/07/2003 - 17:57
Laure Camborieux
(MAIA)
Réponse au message 8: LA NOTION DE PERSONNE
bonjour Eric. Avant de répondre à ta question (je me fais attendre ?), je pense qu'il serait utile de préciser la problématique. Je vais tenter de préciser ta question, tu me diras si je me trompe.
la problématique de la question de "personne" se pose de manière cruciale par rapport au devenir des embryons ; cette question a été largement débattue lors de la révision des lois bioéthiques, notamment par rapport aux questions de clonage mais se pose aussi par rapport à l'avortement (IVG ou interruption medicale de Grossesse IMG) et à la recherche sur l'embryon.
La position de l'Eglise catholique est en gros : l'embryon est une personne dès sa conception et ne doit pas etre l'objet de recherche, servir au clonage, ni faire l'objet d'un avortement. La position anglo-saxonne est de dire que l'embryon n'est une personne, et ne doit etre protégée en tant que telle qu'à partir du 14° jour après la conception. La position des chercheurs est de dire qu'on peut faire des recherches, ou du clonage en utilisant des embryons, dans le but de progres potentiels.
Donc, quelle optique/solution choisir ? je ne suis pas sure que l'on puisse avoir une position unique sur ces questions, puisque nous avons vu que celà relève de situations très différentes.
Ce que j'écris n'est que l'état de ma réflexion à l'heure actuelle.
Concernant l'IVG ou l'IMG, je crois que le choix relève de la responsabilité individuelle : suis je capable d'élever l'enfant que je porte, dans des bonnes conditions, quelles que soient les situations ? suis je meme capable d'assurer une grossesse épanouissante pour cet enfant, qui peut lui assurer un "bon départ" dans la vie (on sait que le stress de la mère pendant la grossesse peut etre un facteur négatif pour le développement de l'enfant, in utéro puis après la naissance) ? Si non, quelles solutions s'offrent à moi : IVG ou IMG, accouchement sous X ? En d'autres termes, il me semble qu'il faut choisir la solution la meilleure pour la mère et le futur enfant : je ne suis pas sure qu'une grossesse non désirée suivie d'un accouchement sous X soit totalement respectueux du futur enfant et respectueux de la personne qu'il représente, car on ne garantit pas son bien etre présent et futur, on le prive de sa filiation...On sait aussi que les mères accouchées sous X portent longtemps cette "culpabilité", tout comme les femmes qui ont avorté.
Bref, IVG ou IMG versus grossesse menée à terme quelle que soient les conditions ? il n'y a selon moi pas de réponse tranchée, définie ; cela dépend de facteurs individuels et conjoncturels.
La seule réponse éthique réside selon moi 1) dans la prévention des grossesses non désirées 2) dans l'accompagnement et le soutien des femmes ou des couples en situation de se poser ces questions.
Le clonage thérapeutique ou reproductif - La recherche sur l'embryon
Petit rappel peut etre nécessaire : le clonage consiste à implanter le noyau (qui porte l'information génétique de la cellule) dans un ovule, laisser cet ovule se développer in-vitro soit pour donner des cellules souches potentiellement thérapeutiques (clonage thérapeutique) soit réimplanter cet embryon dans l'utérus d'une femme, pour donner un individu identique au "donneur" de noyau (clonage reproductif).
On utilise un embryon dans un but précis, utilitaire, sans prendre en compte sa spécificité, sa "personnalité".
Au cours du débat bioéthqiue à l'assemblée, on a entendu partout que les couples infertiles voyaient dans le clonage reproductif une solution supplémentaire à l'infertilité. Cela est totalement faux puisque dans la très grande majorité des cas, les couples infertiles rejettent cette solution, leur souhait étant d'avoir un enfant qui soit issu des 2 membres du couples. Quand bien meme les techniques seraient au point, le clonage reproductif N'EST PAS une solution à l'infertilité.
Le clonage thérapeutique pose une question plus subtile, puisque ses partisans le présente comme une technique présentant des potentialités thérapeutiques énormes. Toute la discussion qui s'en est suivie me pose les problèmes suivants.
A l'heure actuelle, rien ne montre que le clonage thérapeutique puisse avoir des résultats si bénéfiques et si spectaculaires ; au contraire, d'autres recherches, sur les "celllules souches adultes" montrent qu'on peut attendre des résultats aussi intéressants sans utiliser des embryons. Le clonage thérapeutique ne semble donc pas s'imposer de manière aussi urgente et indispensable que certaines personnes ont voulu le faire croire.
D'autre part, les tenants du clonage thérapeutique (et de la recherhce sur l'embryon) ont proposé d'utiliser les embryons surnuméraires (embryons congelés, issus de couples ayant suivis des traitements contre l'infertilité) pour ces recherches. Mais aucune de ces personnes ne s'est demandé si les couples en question seront d'accord pour donner leurs embryons à la recherche.
Après rapide enquète dans l'asso, les couples infertiles donneront en premier lieu leur embryon à d'autres couples infertiles, puis peut etre à la recherche.
Donc, tout le débat s'est déroulé sans avoir répondu à la question primordiale : y a t'il des embryons surnuméraires en France ? Interroger les couples infertiles aurait peut etre été utile avant de tabler sur ce "matériel de recherche".
Sans vouloir faire de procès d'intention, je n'ai personnellement pas confiance en la transparence des programmes de recherches pour donner mes embryons à la recherche. Outre le fait que je considère mes embryons comme des etres vivants, que je préfère confier à un couple infertile, je ne suis actuellement pas persuadée (loin s'en faut) de l'utilité de ces recherches.
Mais tout cela ne répond pas à la question "peut on utiliser des embryons humains, même pour sauver ou guérir ?".
Ma réponse de normand serait : à l'heure actuelle, scientifiquement, rien ne justifie que l'on s'engage dans cette voie. Dans le futur, il y a fort à parier que d'autres solutions seront trouvées et que rien ne justifiera plus de vouloir utiliser des embryons humains.
017
03/07/2003 - 17:43
N. Z.
(maia)
Réponse au message 15
Je suis d’accord avec toi Eric, pour ne plus parler de religion sur le forum, mes leçon de catéchisme sont loin de toutes façons et en plus, elle peut être aussi une arme redoutable si elle est mal interprétée et utilisée. (les extrémistes religieux par exemple).
Ne plus parler d’âme quand on parle d’être humain me paraît plus difficile, pour moi l’un ne va pas sans l’autre. Si c’est la connotation religieuse du mot qui dérange, on peut, peut être, parler de « conscience » terme plus scientifique . Parce que c’est bien là, que les opinions divergent non ? la conscience du bien et du mal …
Pour donner un exemple concret, les lois de la bioéthique condamne l’aide à la gestation pour autrui parce qu’elle juge comme étant un « mal » pour l’être humain (sur quelles expériences ?) et d’autres (dont je fais parti) pense que cet acte est généreux et altruiste (si il est bien encadré) . d’où la polémique, d’où le désespoir de certains couples, d’où notre présence sur ce forum.
Je suis d’accord aussi avec toi pour la supériorité de l’homme sur l’espèce animale … encore que … tu poses un être humain en plein milieu de l’Océan, sans toute la technologie qui nous aide à survivre et ça devient vite « la loi de la jungle ». mais OUI, grâce à notre intelligence, notre conscience, notre cerveau, nous sommes supérieur à l’animal.
Où l’on ne s’est pas compris, c’est peut être une mauvaise explication de ma part, peut être une mauvaise interprétation de la tienne … c’est sur la définition de « personne ». En tout cas, j’ai eu un doute sur la notion que j’ai voulu donner de la personne humaine et je suis allée voir dans le dico. « PERSONNE : individu en tant que sujet de droits et de devoirs. L’éminence de la personne humaine ». c’est la notion que je voulais donner quand je parlais de personne … pour devenir une personne, l’être humain doit apprendre quels sont ses droits, ses devoirs, d’où ma référence à l’éducation.
Où je bondis, c’est lorsque tu m’accuses de laisser pour compte les enfants en bas âge qui, pour moi, sont en train de devenir des personnes grâce à l’éducation qu’ils reçoivent. Je ne parle pas seulement d’éducation scolaire mais aussi parentale et tout ce qu’ils vont apprendre par leur propre expérience.
Où je bondis encore plus, c’est quand tu me parles des pays du tiers monde ! ! ! là, c’est toi qui dis qu’il n’ont pas d’éducation ! ! ! je n’ai jamais pensé ça de ma vie … bien au contraire … tous les hommes de la planète reçoivent une éducation, elle diffère de la notre (occidentale) mais l’éducation de droits, de devoirs et bien plus encore sur le plan humain, je peux te dire pour l’avoir côtoyé pendant plusieurs années qu’ils ont même beaucoup à nous apprendre et que parfois, ça vaut le coup d’aller voir ailleurs comment ça se passe au lieu de rester tranquillement dans son coin en pensant qu’on détient la raison et le savoir.
Je tenais à rectifier cette impression que tu as eu de moi …
A ta question : « Quand peut on commencer à parler d’être humain » ?
Je ne pense pas l’avoir mal comprise, ma réponse était sans doute un peu confuse vu que j’ai parlé en même temps d’âme ou conscience, de la notion de personne, du commencement de la création de l’être humain (le tas de cellule) , de l’éducation …
Tu demandes de façon un peu détournée, (dis moi si je me trompe) : « A t on le droit de manipuler nos ovocytes, nos spermatozoïdes, notre patrimoine génétique comme on s’en donne le droit pour l’animal ? »
« a t on le droit de faire subir les mêmes manipulations génétiques aux cellules humaines qu’aux cellules animales ?« (l’allusion aux nazisme n’était pas nécessaire)
« Quand peut on commencer à parler d’être humain » ?
Si on admet que l’être humain commence dans « le tas de cellule » (c’est un terme que j’emploie avec tendresse, ne va pas voir là une déshumanisation de l’être humain en train de se créer).
Je vais laisser de côté le clonage, l’idée me donne froid dans le dos et je le considère comme une extrême dangereuse …et parler du sujet qui me préoccupe : la gestation pour autrui, le fait qu’une femme, en toute conscience, accepte de porter l’enfant d’une autre femme, d’un couple, dans un but totalement altruiste et généreux. Je ne conçois pas la gestation pour autrui autrement.
« Quand peut on commencer à parler d’être humain et accepter que nos cellules soient manipulées par des généticiens et les faire porter par une autre femme ? »
Si cet « acte » est bien encadré , j’entends par là, que certains mal attentionnés ne puissent pas en faire un acte mercantile. Que ça reste un acte généreux et gratuit .
Si les parents intentionnels et la gestatrice sont bien conscients de l’acte qu’ils sont prêts à mettre en place (ce qui implique un suivi médical et psychologique comme il existe quand on parle d’avortement ou de don d’organe).
Si cet acte est fait de part et d’autre pour donner de l’amour, une famille à un être humain, un enfant qui va être, bien avant son stade de « tas de cellules », aimé, attendu, réfléchit ( souvent bien plus qu’une grossesse accidentelle ) .
Alors OUI, je considère que personne n’est lésé, je considère que dans cet acte il n’y a que de l’amour, du don de soi et oui j’accepte qu’on manipule mes cellules dans un premier temps. C’est bien de mes cellules dont il s’agit jusque là ? ? ? … ma chair et mon sang qui mélangés, unis à la chair et au sang de l’homme que j’aime vont donner un autre être humain, un enfant, notre enfant et j’accepte qu’une femme m’aide à porter cet enfant que mon corps ne peut pas porter jusqu’à terme .
Où est le mal, si cet enfant, cet être humain qui a été désiré, réfléchit plus que tout autre, couvé avant même sa conception (bcp de couples et de gestatrice peuvent en témoigner si on les laisse s’exprimer).
Où est le mal, si cet enfant naît dans un foyer de personnes qui l’aiment et qui sont prés à lui apporter toute l’attention dont il a besoin ?
J’ai lu plus loin, que toi et ta femme avaient choisi de ne pas avoir d’enfant, il y a autour de moi des couples qui ont également fait ce choix pour différentes raisons. Pour Eric (mon mari) et moi, pouvoir donner à notre enfant ( qui n’est pas encore là) issu de notre amour, tout le bonheur que l’on a à partager notre vie sur terre, toute notre histoire, notre héritage familial, est ce qui nous semble le plus merveilleux sur cette terre. Nous avons choisi de ne pas passer à côté, pas n’importe comment, avec toute la réflexion qu’un être humain mérite, avec toute l’attention à laquelle il a droit.
Est ce qu’il y a des gens pour entendre ce choix en France ?
016
02/07/2003 - 00:31
S. P-M.
(MP1992)
Réponse au message 14
Eric, oui, bien sûr, je suis d'accord avec toi, c'est vrai que j'avais oublié que les forums sont ouverts et c'est là une super idée ... Sinon, nous n'aurions pas fait ta connaissance et je pense fondamentalement que nous avons la même position sur l'éthique, en fait...et sur la nécessité de discuter des lois bioéthiques et de les faire précéder de débats largement ouverts..moi aussi je suis catholique, je te rassure et je respecte la religion catholique et ses grands principes, ainsi que je respecte la vie, l'âme et la personne humaine. C'est pour cela que je pense qu'il faut ouvrir le débat et ne pas opposer les cathos/non cathos ou les fertiles/non fertiles ou les malades/non malades - dans les autres sujets débattus - car nous sommes tous concernés...
J'espère t'avoir convaincu cette fois du bien fondé de nos discussions et te revoir souvent sur notre Forum car tu sembles très bien connaître le sujet...
015
01/07/2003 - 16:58
Eric Dubois
(AEF)
Réponse au message 12
Bonjour Nathalie, je suis heureux que tu crois en Dieu, à ta manière. Je ne souhaite pas entamer ici une polémique religieuse, car je sais par expérience que cela dégénère vite. Et c'est pourquoi je ne souhaite pas parler de l'âme. Je pense qu'on peut tout à fait parler de personne, d'être humain, sans faire référence à Dieu.
Même si on admet que l'être humain n'a pas d'âme, on peut lui reconnaître une supériorité sur l'animal, non ? C'est pour cela qu'on s'accorde à penser qu'il faut expérimenter les médicaments sur les animaux, avant de les tester sur l'homme. C'est parce que les nazis se dispensaient de ce préalable que leurs expériences sur l'homme sont considérées comme abominables.
Ma question n'était pas : quand avait commencé la race humaine, mais : quand peut-on commencer à parler d'être humain. A partir de la conception ? A partir de la formation du cerveau ? De la naissance ?
Je ne peut être d'accord avec toi quand tu affirmes qu'une personne est un être éduqué. Tu exclus ainsi de la dignité de personne des millions d'êtres humains, bien sûr les enfants en bas âge, mais aussi une bonne partie du tiers-monde qui n'a pas notre chance d'avoir une éducation.
Cela me paraît dangereux de vouloir donner une telle définition à la personne humaine. D'autres disent qu'une personne c'est un être en relation, et excluent ainsi tous ceux qui sont dans le coma, qui sont grabataires, ou autistes...
Concernant les lois actuelles, je ne crois pas que ce soit éthiquement acceptable de dire : "Puisque beaucoup d'autres le font, il faut le faire". Ce n'est pas le nombre qui fait la vérité. On peut avoir raison seul contre de nombreuses personnes. La démocratie n'a aucun pouvoir sur la vérité.
La question n'est pas de se positionner par rapport aux autres pays. Mais, puisque l'Europe nous laisse encore cette liberté (pour combien de temps ?), de réfléchir en conscience sur ce qui est bon pour la France et les Français. Où est le mal à être le seul à vouloir réfléchir aux conséquences de nos actes ? N'est-ce pas plutôt une manière adulte d'agir ?
Mais je suis d'accord qu'il faut sans doute changer la composition du comité d'éthique, et organiser un vrai débat sur ces questions.
PS : Juste une rectification à propos de la morale chrétienne. Ce ne sont pas les 10 commandements qui en sont la base. Ces commandements sont le fondements de la morale juive (et encore !). La morale chrétienne est fondée sur ce que le Christ nous a enseigné : "Fais à autrui ce que tu voudrais qu'il fasse pour toi" "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" "Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" "Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous maudissent"...
(La preuve c'est que ceux qui sont proclamés saints ne le sont pas à cause de leur bonne application des 10 commandements, mais de leur amour des autres).
Ainsi que sur l'enseignement des fondateurs de l'Eglise.
Si l'enseignement de l'Eglise paraît si dur, c'est qu'elle veut nous aider à acquérir une liberté par rapport à nos passions, nos envies. Et qu'elle a en vue le plus grand bien de toute l'humanité.
Le grand malentendu par rapport à ceux qui ne croient pas, c'est la vie éternelle. Puisque l'important c'est la vie après la mort, qui durera beaucoup plus lontemps que cette vie sur terre, la vie actuelle doit nous y préparer. Argument non recevable par les non-croyants.
014
01/07/2003 - 15:37
Eric Dubois
(Alliance et Fécondité)
Réponse au message 13
Bonjour Sylvie, merci de vous être présentée. Hé oui l'Internet n'est pas réservé à MAIA et PANGLOSS ! Heureusement, sinon votre forum ne serait pas beaucoup animé. Je comprends mieux maintenant votre rôle dans ce forum.
Même si nous ne sommes pas toujours d'accord avec Laure, nous partageons la même idée qu'il faut discuter sereinement pour mieux comprendre les points de vue des uns et des autres, et faire avancer le débat.
Je suis d'accord avec vous quand vous dites que l'éthique précède le droit. Même si l'éthique, à mon sens, ne peut être universelle. (Pensons par exemple à l'homosexualité, considérée comme un péché, voire une abomination dans certaines sociétés, et comme un facteur de promotion sociale dans d'autres).
Comme vous je souhaiterais un débat national sur la bioéthique et en particulier l'AMP.
Je vois donc dans ce forum deux axes possibles : la réflexion sur la bioéthique, et la réflexion sur la loi et la conscience individuelle.
Faut-il selon vous supprimer le comité d'éthique ?
Je crois que toutes les lois sont la mise en application de sa manière de voir la vie, non ? Je ne crois pas en une loi neutre qui ne reflète aucune morale personnelle.
013
01/07/2003 - 01:01
S. P-M.
(MP1992)
Pour répondre à la question posée par Eric Dubois, je peux bien entendu me présenter, et je suis désolée de ne pas l'avoir fait auparavant, croyant que c'était évident pour tous ceux de Maia et de Pangloss, les deux associations qui co-animent le présent Forum...Je suis l'une des Vice-Présidentes du Club Pangloss et membre de l'association Maia, en tant qu'(ancien) couple infertile ayant résolu son problème d'infertilité grâce au recours à l'AMP, en effet.. je ne suis donc ni médecin ni psychologue ni experte professionnelle de la bio-éthique (cela existe-til?), mais simple citoyenne (et une ex-"patiente" ayant à faire le véritable parcours du combattant de l'infertilité, d'abord en France, puis devant le manque de réponses médicales, Etats-Unis parce que les solutions proposées y sont plus vastes et surtout moins hypocrites!! C'est donc en connaissance de cause que je peux parler de l'attitude de nombreux médecins français face à l'infertilité et plus spécifiquement à l'AMP)..
Mais c'est au titre de simple citoyenne (et aussi de Panglossienne) que j'anime ce Forum, car à mon sens l'important n'est pas d'être "spécialiste" mais (un peu) au fait des réflexions en cours ..
Le but du Forum n'est pas de refuser de légiférer sur l'éthique, mais de ne pas faire de l'éthique un prétexte pour légiférer, surtout sans débats aux seules fins de sanctionner ce qui paraît "immoral".
Il nous paraît primordial en effet de séparer ce qui relève de la responsabilité collective et ce qui relève de la responsabilité individuelle (je renvoie d'ailleurs à cet égard à un excellent rapport collectif fait par des lauréats de la FNEP, dont sont issus les panglossiens, en 1996, intitulé "Responsabilités Collectives, libertés individuelles").
L'idée pour nous est que la société ne doit pas se substituer aux individus pour prendre des décisions qui ne peuvent relever que de leur conscience personnelle et de leur responsabilité, comme c'est le cas pour l'AMP.
L'éthique est bien sûr tout à fait présente dans notre esprit et par ailleurs je voudrais rappeler que le Droit ne CREE pas l'éthique mais doit plutôt la respecter.
Doit-on citer à cet égard l'exemple des débats suscités par l'avortement en France, il y a près de 30 ans ?...Comme le dit Monique Canto-Sperber, directrice de recherche au CNRS, (qui a notamment dirigé le Dictionnaire d'Ethique et de Philosophie Morale) dans un numéro "hors série" excellent de "res publica" sur "la bioéthique et l'éthique médicale" en octobre 2002, explicite que "la réflexion éthique peut jouer un rôle considérable ndas la justification publique des choix et des décisions, à condition de ne pas la confondre avec ce qu'lle n'est pas, l'examen sociologique et le règlement juridique. Le rapport est ancien sur les rapports entre le droit et la morale. Ce sont là deux formes majeurs de réflexion normatives, mais qui se distinguent selon de si nombreuses façons que l'on se demande comment elles peuvent être confondues ". Le droit est un ordre normatif, tandis que l'éthique est universelle, ce qui diffère ce sont les sensibilités et les cultures, les formes pratiques et concrètes d'application..
Bref, cela renvoie encore aux responsabilités individuelles.
...Or, en infantilisant ou stigmatisant les couples infertiles, la loi ne fait que les déresponsabiliser .. Ceci est valable d'ailleurs aussi pour les dons d'organes ou du sang, par exemple, ou dans l'euthanasie, que vous citez...
Ainsi, les lois bioéthiques françaises de 1994 paraissent le plus souvent obsessionnelles, et non basées sur des études objectives et/ou des faits précis..
C'est donc bien à une réflexion sur l'éthique que nous invitons dans ce forum qui, je le concède pour le moment, est plutôt axé sur l'AMP, parce que c'est l'un des aspects de la loi qui a fait le moins l'objet de débats dans notre société et parce que nous pensons que les personnes concernées n'ont pas été entendues ...
Merci en tous cas de votre apport et de vos réflexions, nous apprécions les débats contradictoires, qui sont bien dans l'esprit Panglossien.
012
28/06/2003 - 00:10
Nath Zg
(Maia)
Bonjour à tous, je m'appelle Nathalie, j'ai 36 ans et je fais partie de l'association MAIA depuis quelques temps. Je suis croyante, non pratiquante, je n'ai pas besoin d'aller à l'église pour communiquer avec Dieu. Je passe régulièrement sur ce forum pour voir ce qui s'y raconte et aujourd'hui, j'ai eu envie d'y participer.
Eric a posé la question " où commence l'être humain" ? le fait d'"être" c'est exister, vivre ... "un humain" définit une espèce vivant (pour l'instant ) sur Terre, l' Homme ... où commence l'espèce humaine, je ne crois pas me tromper en disant qu'elle commence où commencent toutes les autres espèces, dans un tas de cellules ... Il est difficile, aujourd'hui, de croire qu' Adam ait été déposé sur terre "par miracle" et qu'Eve soit sortie de sa côte parce que ce monsieur avait besoin de "compagnie" ou de se "multiplier" !
Je ne vois pas comment on peut éviter de parler de l'âme quand on parle d'humanité, puisque c'est elle qui est sensée différencier l'homme des autres espèces vivantes! C'est grâce à elle qu'il est sensée prendre en compte les notions de bien et de mal, l'amour, la compassion, la pitiée etc ... tout ce qu' on appelle "La Morale".
Quand est ce que l'âme vient habiter le corps humain? Quand le tas de cellules commence à avoir un cerveau et un coeur j'imagine ... puisqu'on peut presque se passer de tout le reste et continuer de penser ... le fait de n'avoir qu'une jambe, qu'un bras, un seul rein, un poumon etc .. (avec une assistance médicale) ne nous empêche pas de penser ( ... et l'église accepte et utilise cette assistance qui permet à l'être humain de poursuivre son existence sur terre ).
L'autre question d' Eric est : "Est ce que tout être humain est une personne?"
Je me trompe peut être mais pour moi, l'être humain a besoin d'une éducation pour devenir "Une Personne" et l'éducation lui est apportée par ses ainés, son entourage ... vaste sujet !!! ... si je suis mon raisonnement, tant que l'être humain n'a pas été éduqué, je ne le conçois pas comme une personne, ça ne m' empêche pas d'aimer un tas cellule, de devenir gateuse devant un nourrisson mais pour moi ce ne sont pas encore des personnes... vaste sujet !!!
Maintenant, "l'éthique humaine" ou "la morale": tout ce qui va concerner les règles de conduite dans une société humaine, où commence "le mal", où finit "le bien", quel est notre devoir envers nos congénères et envers les autres espèces ... etc. Dans la bible, ce serait "Les Dix commandements" donnés par Moïse aux hébreux, la base aujourd'hui de la morale chrétienne.
- une parenthèse concernant un sujet qui me tient à coeur:
Au nom de l'Ethique, en France, on interdit l'aide à la gestation pour autrui alors qu'elle est légalisée en Belgique, en Italie,Hollande, Danemark, Luxembourg, grèce et j'en passe ... Là, faut qu'on m'explique ??? Serait on meilleurs chrétiens et éthiquement meilleurs que sur le reste de la planète ? Qu'on m'explique aussi la définition de l'éthique française, quand, pour des raisons de pouvoir et économiques on s'arrange pour l'oublier (ex: l'affaire du sang contaminé et les femmes traitées au distilbène dont les responsables n'ont toujours pas été jugées). Voilà ma parenthèse.
...Si à cette humanité, avec ses croyances, sa morale, son éducation on ajoute "La Science" qui elle n'est pas statique, mais bouge, avance, progresse et fait reculer les frontières posées par la religion ... on peut s'y perdre !!! Nous ne sommes que des Hommes à la recherche d'une vérité ...et pour tenter de la trouver, il nous faut bien faire avec tout ça !!!! (j'ai un mot trés grossier pour définir ce "ça", que je n'ose pas mettre sur ce forum, mon éducation sans doute).
Les lois de bioéthique sont sensées trouver ce chemin vers la vérité, un "juste milieu entre la morale et la science ... et pour se donner les moyens d'y parvenir à "ce juste milieu", la moindre des choses serait que les hommes qui ont le pouvoir de rédiger ces lois, soient à l'écoute de leurs concitoyens ...je pense sincèrement qu'aujourd'hui, ils ne le sont plus. Il y a actuellement en france, 7 % des couples qui sont infertiles pour diverses raisons médicales, 7 % de la population active que l'on juge assez capable pour remplir son rôle de citoyen (voter, travailler, imposables ...) mais que l'on a jugé incapable de "bon sens" et de morale quand ils parlent de "désir d'enfant"! Pourtant, qui mieux que ces 7 % ont eu justement à réfléchir sur ce besoin qu'à l'homme de donner la vie, de bâtir un foyer, une famille, de transmettre son histoire, d'aimer, de donner ... avant de parler d'autres choses, il faudrait deja que ceux qui sont sensés travailler sur ces lois acceptent d'en parler avec les personnes concernées au lieu de balancer et maintenir des lois complètement "réac" et obsolètes.
Mais le veulent ils ce débat ?
011
27/06/2003 - 17:01
Eric Dubois
(Alliance et Fécondité)
Réponse au message 10
Sylvie, merci de ton intervention, mais je crois qu'il y a un malentendu dans le terme "bioéthique" ou "éthique bio-médicale" comme on disait avant.
J'ai l'impression que pour toi, comme Laure, les questions éthiques ne vous intéressent pas vraiment. Mais que, au contraire, vous considérez les comités et les lois de bioéthiques comme des empêcheurs d'AMPer en rond. Je me trompe ?
L'objectif de ce forum ne serait donc pas de réfléchir sur les problèmes éthiques posés par l'AMP et la maternité de subsitution (au fait la bioéthique concerne aussi la fin de vie...), mais de convaincre qu'il faut laisser les gens faire selon leur conscience, et ne pas légiférer.
Au fait Sylvie, tu ne t'es pas présentée. A quel titre animes-tu ce forum ? Tu es médecin ? Gynéco ? Patiente ? Membre d'une assos ? Merci de nous en dire plus.
010
27/06/2003 - 00:42
S. P-M.
(MP1992)
Bonjour de Californie, où nous passons des vacances reposantes mais aussi instructives car ici la bio-éthique n'est pas seulement un néologisme ! Tous les journaux comme toutes les cliniques (privées ou publiques) traitent de l'AMP, ce n'est plus un parcours du combattant réservé à quelques courageux (et riches) couples mais tellement entré dans les moeurs et les habitudes que ça en devient banal..Justement, la banalité, c'est bien ce que les couples infertiles recherchent... et ne pas être stigmatisés comme des pestiférés, les médecins se renvoyant la balle, ou pire renvoyant les couples infertiles à l'étranger, faisant ainsi montre d"une hypocrisie qui ne les honore pas... Mais peut-être que ce qu'ils souhaitent garder, c'est leur pouvoir sur les malades, en ayant le réel pouvoir de créer la vie , ce qui en fait un peu des demi-dieux ?
Comme le dit si justement Laure, ce qui manque en fait dans le débat actuel sur la bio-éthique ,c'est de mettre en lumière ce qui se passe dans les autres pays, et ce n'est pas réservé à quelques experts français qui vous disent "mais oui, on connaît ce qui se passe aux Etats-Unis, on y est allé"!!Ils oublient juste de préciser qu"ils sont venus en colloque en Californie, où ils n'ont probablement vu que les fastes des hôtels californiens et fort peu les patients ou les cliniques, car alors....Il leur serait impossible de tenir de tels discours qui attestent de leur grande méconnaissance de ce qui s'y passe .
Je vous invite à aller voir les sites américains sur la PMA tel que celui du ministère de la santé (Mattei pourrait s'en inspirer!), et notamment les statistiques, qui sont obligatoires (tout recours à la PMA doit donner lieu à déclaration officielle au ministère de la santé américain et les stats de chaque clinique doivent faire l'objet de publications annuelles)... http://www.cdc.gov.nccdphp.drh/art.htm
Ces rapports annuels sont véritablement éclairants et traitent du réel taux de succès, au contraire de ceux qui sont publiés par FIVNAT en France (site géré par et avec des financements de laboratoires privés, tiens tiens, où sont la neutralité et la pluralité là-dedans, , un site public et officiel financé par des capitaux privés...C'est dire l'importance qui est accordée à cette question par le Gouvernement ? !!)...
Je remercie les personnes qui ont donné des adresses de sites, forts intéressants du reste ! Je ne pense pas que nous soyons tellement en contradiction avec celui qui explique que la souffrance des couples infertiles peut s'atténuer,et que l'enfant n'est pas la seule fécondité qui soit..Certes, mais il ne faut pas selon moi créer une frontière entre ceux qui sont fertiles et ceux qui ne le sont pas...
009
19/06/2003 - 18:01
B. J.
(MP1979)
Je vous signale un site sur les questions d'infertilité et de PMA: 1001 Combats
008
18/06/2003 - 12:12
Dubois Eric
(Alliance et Fécondité)
Au sujet des AMP de nombreuses questions de bioéthique se posent.
Je veux bien lancer le débat sur la notion de personne.
Dans la religion, nous avons le problème de l'âme, que nous éviterons de traiter ici. Mais sur le plan purement laïc, il me parait important de savoir quand commence l'être humain ? Et si tout être humain est une personne ?
Qui commence ? Laure ? Sylvie ?
007
18/06/2003 - 10:38
Fécondité Alliance
(Alliance et Fécondité)
Bonjour à tous, je m'appelle Eric Dubois, et mon épouse Véronique. Nous sommes mariés depuis 1996 et sans enfant. Nous sommes catholiques, français, et nous avons fondé l'association Alliance et Fécondité, pour aider les couples cathos surtout, mais les autres aussi, à réfléchir aux conséquences éthiques et religieuses de leurs choix en matière de fécondité : AMP, adoption, ou fécondité sans enfant.
Nous avons fondé le site: fecondites.org pour aider les couples à choisir leur chemin.
A Alliance et Fécondité nous sommes persuadés que seul le couple a les réponses à la crise de l'infertilité, et que ces réponses se trouvent dans les fondements de leur couple. Nous pensons que le bonheur du couple ne passe pas forcément par l'enfant, en tout cas, pas par l'enfant à tout prix, au prix du reniement de ses convictions, ou de l'éclatement du couple.
Nous sommes aussi en relation avec des couples chrétiens ou non via Internet, ou en réel.
Nous avons rencontré Laure brièvement lors d'un congrès sur la bioéthique, et nous espérons pouvoir organiser avec elle un colloque-débat. Vous pouvez imaginer que nos positions différent ! Mais nous avons en commun la volonté de dialoguer et d'écouter les arguments des uns et des autres. D'autre part, nous faisons partie de la même liste de discussion sur l'infertilité depuis longtemps.
Je serais heureux de pouvoir apporter un éclairage différent sur ce sujet, même si je ne suis pas un animateur officiel de ce forum.
Mon épouse termine une maitrise de théologie à Paris. Le sujet de sa licence était, bien sûr, sur la souffrance des couples en mal d'enfant. Sujet très controversé dans l'Eglise ! Nous espérons par notre action mieux faire comprendre la position de l'Eglise, et nous ne désespérons pas de la faire évoluer dans un sens moins restrictif qu'aujourd'hui.
006
17/06/2003 - 21:54
Laure Camborieux
(MAIA)
pourquoi le débat sur la bioéthique vous concerne aussi ??
Sylvie l'a un peu rapidement énoncé, mais outre l'assistance médicale à la procréation (AMP), le projet de loi sur la bioéthique traite aussi du don d'organe, de cellules et de tissu qui malheureusment peut tous nous concerner un jour.
L'étude de ce projet de loi fait ressortir des points inquiétants quant à la considération que nous (nous les patients, les gens qui souffrent)accordent les médecins et les politiques. Le crédo, entendu à de multiples occasions est "Vous souffrez, vous n'avez pas une vision objective, donc on n'écoute pas votre opinion"
Le débat éthique devient alors un débat réthorique, animé par des "experts", mus plus par leur convictions que par une réflexion scientifique. Par scientifique, j'entends la démarche qui consiste à passer une hypothèse au crible des observations et expériences qu'elles soient médicales, psychologiques, sociologiques.... Dans le débat éthqiue actuel, on a invité des penseurs de tres bonne qualité, certes, mais qui ont le défaut ....d'être français. Autrement dit, le débat français est animé par des français, alimenté par des français et écouté par français. C'est à dire des personnes qui ont été élevées toutes à la même école de pensée, qui sont "formattés" par cette école.
Le meilleur exemple de ceci concerne par exemple l'anonymat, dans le don d'organe, de tissu et de gamètes.
En 1994, il a été décidé que le don de gamètes devait être anonyme, pour plsuieurs raisons valables ; mais on a laissé de côté le principal : l'intérêt de l'enfant..
Aucune étude ne montre l'avantage de l'anonymat pour l'enfant, alors que l'on connait les répercussions souvent négatives de la méconnaissance de ses origines.
On aurait aimé entendre des médecins étrangers, belges par exemple, qui pratiquent aussi bien le don anonyme que non anonyme. L'acceptation d'un dossier est alors soumis non pas à une loi figée, mais après entretien avec les personnes concernées.
On aurait aimé entendre ces couples qui refusent de mentir à leurs enfants, qui veulent pouvoir leur raconter leurs origines.
Bref, on aurait aimé un peu plus de curiosité, d'ouverture, dans ce débat "bioéthique"
005
03/06/2003 - 14:50
S. P-M.
(MP1992)
Bonjour, Merci à Laure de me faire le plaisir de co-animer ce Forum avec moi... Je sais qu'en ce moment tu es aux Etats-Unis où ces questions ont été aussi largement débattues..
Et je te remercie également de faire tous ces efforts pour nous et pour le Club...Espérons que ce forum permettra à tous ceux et toutes celles qui le souhaitent de s'exprimer très librement sur ce difficile sujet...
Au cours de notre Conseil d'administration qui s'est tenu hier, l'un des membres Panglossiens nous a fait le plaisir de nous annoncer l'organisation d'un prochain dîner-débat sur le sujet, avec une haute personnalité du Comité d'Ethique. Cette rencontre
aura certainement lieu à partir de la rentrée...Merci à ce Panglossien émérite de nous aider dans notre tâche !
004
30/05/2003 - 15:55
S. P-M.
(MP1992)
Bonjour, Afin de vous donner une idée des enjeux et des discussions actuellement en cours à l'Assemblée Nationale, ceux qui le souhaitent peuvent me demander une copie (e-mail) du projet de loi.
Je suis prête à vous l'envoyer ...Que vous soyez concerné ou pas par ce projet de loi, (d'ailleurs peut-être un jour serez-vous concerné par l'un ou l'autre des aspects traités par la loi, que ce soit l'Assitance Médicale à la Procréation mais aussi le don d'organes ou la recherche), tout citoyen est en droit de se poser ce type de questions... A vous signaler qu'un téléfilm est passé lundi et mardi dernier sur France 2, traitement de ces sujets, suivi d'un débat où participaient d'éminentes personnes tels que René Frydman (dont c'était en fait le "roman" de sa vie) et Alain Clayes, Président du Comité Bio-éthique. Le plus étonnant fut l'intervention d'un médecin belge, dr Delevoye, qui a lancé à l'assistance "Pourquoi, vous, français, cherchez tant à légiférer? En Belgique, nous sommes beaucoup plus pragmatiques et nous traitons au cas par cas les demandes qui nous sont faites.." peut-être en effet devrait-on essayer d'en tirer des leçons à la fois de modestie et de courage, et ne pas chercher à toujours vouloir tout régler par la loi, qui au fond devrait se contenter de définir un cadre général et laisser tous les cas particuliers à l'appréciation de comités d'éthique locaux (c'est ce qui se pratique en Grande Bretagne aussi)...
003
29/05/2003 - 14:20
R. M.
(MP1979)
Je trouve excellente l'idée de créer un forum sur la bio-éthique, sujet au combien délicat, intime et évolutif.
Bonne chance de succès aux animatrices!
002
12/05/2003 - 21:03
Laure Camborieux
(Maia)
Bonjour à tous et toutes. L'asso MAIA que je représente aide les couples infertiles dans leur chemin vers l'enfant. Ce parcours, semé d'embuches, d'attentes, comblées ou déçues, long, trop long, peut paraitre déraisonnable, vu de l'extérieur. Mais il correspond au besoin impérieux, profondément ancré en chacun de nous de transmettre la vie, de prolonger son existence, et avec elle, celle de tous nos ancêtres.
MAIA, loin de chercher à juger les projets parentaux, loin de proposer des solutions "toutes faites" essaie d'aider les couples à trouver leur réponse, leur voie.
MAIA essaie aussi, par une réflexion éthique "interne" mais à l'écoute des autres, de faire entendre une autre voix, différente de la pensée dominante : la voix du respect de la pluralité, de la responsabillité individuelle, du choix libre et éclairé.
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10/05/2003
S. P-M.
(MP1992)
Début Février 2003, le Sénat a voté en France une nouvelle " Loi sur la bio-éthique " remplaçant les lois de 1994, qui avaient vocation à être révisées en…. 1999 ! Cette nouvelle loi, qui doit repasser au Parlement en juin prochain, mais dans sa version actuelle autorise la recherche sur les embryons, et condamne le clonage reproductif ou thérapeutique comme un " crime contre l'humanité ".
Si le " clonage humain à visée reproductrice " suscite aujourd'hui un tollé de bon aloi, des chercheurs le pensent "inévitable" par la suite. A-t-on le droit d'instrumenter la vie humaine ? Telle est bien la question remise à l'ordre du jour avec la révision des lois de bioéthique qui devraient être votées d'ici le mois de juin. Comment concilier éthique et thérapeutique ?
Mettre l'embryon humain à disposition de la recherche et de l'économique, suppose de modifier sa représentation: ou bien c'est une personne potentielle, et on maintient l'interdit, ou bien un "grumeau de cellules" et on en fait un objet d'expérimentation. Aujourd'hui on ne peut que constater que la logique de la recherche et du marché prennent la place de la Loi. Le législateur a-t-il alors d'autres choix que de combler l'écart entre la réalité des faits et l'état du droit, c'est-à-dire légitimer le fait accompli et l'impensable à venir ? Ce qui est transgressif aujourd'hui ne le sera-t-il plus demain ? Le sensationnel prend-il le pas sur le réel, quand on se retrouve face à cette supercherie scientifique, le clonage, et que l'on donne la parole à des sectes, alors que cette même parole a été confisquée à d'autres, comme les couples infertiles, mais aussi le citoyen ordinaire, qui serait en droit de s'exprimer ?
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09/05/2003
S. P-M.
(MP1992)
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